Trouver son public et le garder

TROUVER SON PUBLIC ET LE GARDER

Bonjour ! Nous nous intéressons aujourd’hui à l’envers du décor de tout auteur qui publie, que ce soit sur Internet ou dans la vraie vie. En effet, la volonté d’écrire pour des lecteurs est honorable, mais trouver ces fameux oiseaux, et pire, les convaincre de rester, peut parfois s’avérer plus compliquer que prévu.

1. Lecteurs d’hier, lecteurs d’aujourd’hui

L’Homme aime lire depuis la nuit des temps. Ce n’est pas nouveau, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la littérature existe toujours aujourd’hui. Le seul petit problème, c’est que les lecteurs d’autre fois ne sont plus exactement les même aujourd’hui. L’un des critères important lorsque l’on souhaite se lancer dans l’écriture pour des lecteurs, c’est donc de cibler, dès le début du projet, les lecteurs que vous visez.

C’est à partir du XVIIIe siècle et de la littérature des Lumières que la lecture a commencé à se diversifier et à s’étendre. Les améliorations de l’état de vie, l’instruction meilleure un peu plus chaque année permet aux enfants de toucher leur premier livre du doigt de plus en plus tôt. Pourtant, il est impossible de comparer la littérature d’aujourd’hui à celle d’autrefois. De l’antiquité jusqu’au début du XXe siècle, la littérature était considérée comme quelque chose d’infiniment respectable, dont la prise de position sur n’importe quel sujet était considérée comme supérieur à tout le reste, y compris sur la science. La philosophie a longtemps eu un plus gros impact que les sciences sur la société, ce n’est que les philosophes des Lumières qui ont redoré son blason. Vous l’aurez compris, la littérature était tellement importante qu’elle prenait une dimension sacrée. L’écrivain était une célébrité que tout le monde connaissait et son point de vue prévalait souvent sur celui d’historiens et d’hommes politique.

MAIS : Internet est arrivé. Et cela a révolutionné pas mal de choses. Premièrement, l’arrivée de l’école obligatoire, ajoutée à l’amélioration du traitement de l’enfant, avait déjà fait baissé le statut de l’écrivain au rang de personne plus modeste. Avec Internet, il est complètement passé au second plan. En effet, les machines, c’est beau, c’est plus intelligent qu’un homme, ça te permet d’avoir des milliers d’informations en deux clics. Et donc l’écrivain, qui était tant sollicité autrefois pour ces questions, devient soudainement ringard. Pire encore, chose inconcevable jusqu’à lors, des amateurs provenant de classes moyennes se lancent dans l’écriture. Il faut savoir que jusqu’à lors, les écrivains étaient des personnes avec un très haut niveau de culture, avec des années d’études au compteur à en faire pâlir les plus courageux d’entre vous.

L’auteur, car on parle désormais plus d’écrivain, doit donc s’adapter et se retrouve face à deux choix : débarquer sur l’écran ou disparaître. En effet, Internet étant une chose nouvelle, les traditionnels lecteurs se détournent des milieux classiques et foncent vers la nouveauté. Pour sauver leur métier, les auteurs en ont fait de même.

Cela a eu plusieurs conséquences majeures :
Les textes en ligne ont explosé. Alors que traditionnellement, les fanfictions ont plus ou moins toujours été là, les nouvelles, les romans, le théâtre, ont suivi le mouvement, créant une gigantesque base de lectures, qui ont ensuite engendré les plateformes en ligne que l’on connaît tous : Wattpad, Fictionpress, Ao3, ect.
– Les auteurs sont devenus plus accessibles, ils représentent monsieur et madame tout le monde.
– L’arrivée de l’édition en ligne et de l’auto-édition, bien sûr.
Les lecteurs se sont dispersés, totalement. Alors qu’on avait avant un vrai gros groupe de lecteurs, qui ne lisait qu’un ou deux textes en même temps car les sorties étaient rares, ces derniers ont soudain eu devant eux une étendue de textes dont on ne voit plus le bout… Et de ce fait, du jour au lendemain, les auteurs se sont retrouvés sans public. Leur moyenne d’âge a également été divisée par deux. Contrairement à ce que beaucoup disent, c’est bien les mineurs qui font vivre l’industrie du livre aujourd’hui.

S’il est si difficile de trouver des lecteurs aujourd’hui, c’est donc parce qu’il y a tellement, tellement d’œuvres sur le net qu’il est impossible pour eux de trouver chaussure à leur pied. Pour qu’un auteur puisse trouver des lecteurs aujourd’hui, il a donc fallu, vous vous en doutez, s’adapter nous aussi. C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

2. Trouver son public

C’est le point crucial pour pouvoir se lancer : cibler son lectorat. Ce n’est pas une chose aisée, c’est même souvent un casse-tête pour l’auteur. Il n’y a qu’une seule question à se poser : qui va lire mon texte ? Il est souvent beaucoup plus facile de se faire une place en fanfiction, c’est pourquoi je vais prendre une communauté basique comme exemple dans un premier temps : celle d’Harry Potter.

Ceux qui écrivent des fanfictions le savent, à l’intérieur d’une communauté (surtout si elle est très grande), on trouve plusieurs grands groupes d’individus que je vais vous lister :
– Ceux qui s’attachent à l’oeuvre et souhaitent y rester attachés. Ceux-là se contentent souvent de réecrire des scènes que l’on trouve dans les livres ou dans les films, écrivent des suite ou encore font des gros plans sur des personnages.
– Ceux qui sont attachés au background du livre, et qui développent par exemple l’histoire du Poudlard à partir d’indices, rajoutent du background aux personnages, en créent de nouveau pour approfondir l’univers.
– Ceux qui se détachent totalement de l’univers mais en garde les personnages pour leur faire vivre de nouvelles aventures. Ce sont tous les récits faisant vivre d’autres aventures aux personnages, dans le même univers ou dans un autre.
– Ceux qui se détachent de l’univers et modifient profondément les personnages. Ce sont ceux qui utilisent les ships et/ou des personnages qui n’ont pas le même caractère que dans l’univers original.

Je ne vous apprends rien si je vous dit que chacune de ces catégories a son public. Certaines ont un public commun tandis que d’autres lecteurs rejettent plusieurs catégories. Par exemple, on trouve beaucoup de lecteurs qui rejettent le ship ou qui trouvent le background ennuyeux. C’est exactement la même chose pour toutes vos publications.

Votre texte, bien qu’unique, fait partie d’un groupe de textes. Si on prend un texte comme Le Seigneur des anneaux, il appartient au genre de la fantasy, ainsi qu’au sous-genre de la fantasy. Votre texte est peut-être unique par son contenu, mais pas dans son genre. Il fait donc partie d’un groupe de créations plus ou moins large susceptible d’attirer les lecteurs. Votre but à vous, c’est de vous différencier assez de ce groupe d’auteurs pour attirer les lecteurs. Mais attention ! Les autres auteurs ne sont pas vos ennemis, c’est pour cela que faire de la publicité directement sur le texte des autres est à bannir d’emblée.

Pour faire connaître votre texte, il faut donc une bonne publicité. Plutôt que de polluer les profils des autres auteurs, je vous conseille de vous tourner vers des sites, des groupes sur des réseaux sociaux spécialisés dans ce que vous écrivez. L’une des principales erreurs des auteurs débutants, c’est de poster dans tous les groupes Facebook qu’ils ont sous la main pour avoir des lecteurs. Non. Ne faites pas ça, ça ne sert à rien. Vous écrivez de la fantasy ? Cherchez un groupe de fantasy, de même pour la romance, ou n’importe quel autre genre. S’il n’y en a pas, créez-en un, ça intéressera forcément. En réduisant votre champ de vision, vous augmentez vos chances de lecteurs car, en plus de ne pas être perdus dans un flot de publicités inutiles, vos histoires intéresseront un public déjà présent pour cette raison précise ! Pour la publicité, je vous conseille également d’essayer sur des forums spécialisés sur l’écriture (n’oubliez pas de vérifier le niveau de sécurité de vos textes).

Le bouche-à-oreilles est une autre alternative ! Motivez vos amis à vous faire de la publicité ! L’auteur doit faire le plus gros du travail, certes, mais un peu d’aide est TOUJOURS la bienvenue. Ne refusez pas une main tendue par flemme ou ego, vous le regretterez amèrement plus tard.

Enfin, ça va de soi, mais publier votre texte dans la bonne catégorie sur une plateforme d’écriture est aussi un moyen d’avoir des lecteurs. Oui, parce que sur Wattpad, notamment, c’est pas très clair des fois.

3. Garder ses lecteurs

Dernière étape, et pas la plus facile, maintenant que vous avez des lecteurs, il faut les garder ! Les lecteurs, c’est comme des enfants, laissez-les deux minutes sans surveillance et ils sont déjà en train de courir sur l’autoroute en hurlant qu’ils sont une cible. Et vous ne voulez pas qu’un auteur s’arrête et les kidnappe, pas vrai ?!

La fidélisation des lecteurs, c’est un travail long et périlleux, semé d’embûches et dont il faut maîtriser l’art. Voici mes conseils pour cela :

– Dans un premier temps, vous allez devoir être (très) régulier dans l’écriture. Tant que vous n’avez pas un lectorat stable, vous ne pouvez juste pas vous permettre de faire de longues pauses dans l’écriture. Si vous disparaissez, vos lecteurs disparaissent eux aussi. Un texte toutes les une ou deux semaines, c’est le minimum vital. Vous devez séduire vos lecteurs. Les lecteurs sont séduits quand les auteurs sont actifs. C’est comme ça, même si ça peut paraître contraignant. Vous voulez des lecteurs, il faut donner de votre personne, ça va de soi. Ils ne vont pas tomber du ciel. Tu veux être lu, tu travailles.

– Vos lecteurs sont votre moteur, il faut donc que vous vous pliez en quatre à leurs demandes. Ils commentent ? Très bien, un retour sur son commentaire, c’est le minimum syndical. Ca vous donne une bonne image, ça donne envie de revenir. De même, c’est donnant-donnant. Quelqu’un poste un commentaire, allez-lire une de ses histoires et faites la même chose. Ca s’appelle la politesse. Vous devez penser les lecteurs comme des clients. Un client mécontent, ça revient pas, c’est la même chose. De même, s’ils vous demandent des choses précises, ne les ignorez pas ! Même si ça ne vous plaît pas, dire que vous allez y réfléchir, c’est déjà un bon retour. De même, prenez en compte l’avis de vos lecteurs. Si une dizaine d’entre eux vous dit qu’un passage précis de ce texte ne va pas, il ne faut pas les envoyer chier, ils ont raison. Les lecteurs sont vos yeux neutre sur le texte, les faire fuir, c’est pas bon. Pour réagir face à des commentaires négatifs, je vous renvoie à mon article sur la critique qui vous explique tout ça.

– Vos lecteurs ne sont pas juste des lecteurs ! Ce sont des êtres humains, avec une histoire et une vie. Tout comme ils ne doivent pas juste vous considérer comme « l’auteur de NOMDUTEXTE » mais comme une personne passionnée, avec une histoire et des expériences vous ne devez pas non plus les considérer comme juste des lecteurs. Renseignez-vous, lisez leurs histoires, apprenez à les connaître et vous apprendrez à vous connaître vous-même. Regardez les personnes qu’ils suivent, trouvez ce que les autres auteurs ont en commun avec vous. Je vous encourage également vivement à discuter avec eux par MP ou à les chercher sur les réseaux sociaux. Vous pourriez faire de très belles rencontres qui vous suivront toute votre vie et en plus y trouver de la bonne publicité.

Faites participer vos lecteurs. Il faut à tout prix installer une relation entre vous et le lecteur et cela passe par lui demander son avis sur des détails du texte, sur des annexe, sur des idées pour améliorer telle ou telle chose. Des lecteurs actifs sont des lecteurs engagés dans vos textes, qui ont l’impression d’y jouer un rôle. C’est l’un des meilleurs moyens de les remercier.

Et enfin, dernière recommandation : SOYEZ PATIENTS ! Un lectorat, ça ne se crée pas en quelques jours, ni en quelques semaines. Ca prend plusieurs années. Ne vous découragez pas parce que vous n’avez pas de lecteurs ou peu. Peu, c’est déjà énorme. Suivez mes conseils au dessus et tout devrait bien se passer pour vous, ne vous inquiétez pas ! N’hésitez pas non plus à parler entre auteurs de vos ressentis sur les lecteurs, parler avec des gens qui ont les même centres d’intérêt, ça rassure et ça aide beaucoup pour progresser !

Merci d’avoir lu ce long article (décidément, c’est la période xD). Je suis rentrée en deuxième année de Lettres Modernes cette semaine, mon emploi du temps s’est considérablement alourdi mais je vais essayer de tenir le rythme d’un article par semaine (sauf les semaines de partiels, désolée, les études avant tout.) Je vous fais des bisouilles, n’hésitez pas à commenter si ça vous a plu, à partager, et on se donne rendez-vous la semaine prochaine ! Bisouilles !

 

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