La vie secrète des descriptions

LA VIE SECRÈTE DES DESCRIPTIONS

Bonjour à tous ! Cela faisait un moment que je n’avais pas eu de contact avec vous et j’en suis désolée ! La rentrée, tout ça, vous savez très bien que je bosse beaucoup, beaucoup trop. Aujourd’hui, on s’intéresse à la grande mal-aimée de tout texte de fiction : la description !

1. Pourquoi est-ce qu’elle est si mal aimée ?

Commençons par une petite définition ! Une description est un passage dans votre texte qui marque un ralentissement ou une pause dans votre récit. C’est l’occasion idéale de développer, par exemple, des lieux, des personnages, des émotions, des actions. La description sert à tout et est le cœur d’un récit. Les plus grands auteurs du passé étaient ceux qui maîtrisait la description avec un tel talent qu’il est encore impossible de les surpasser aujourd’hui.

Alors pourquoi la description est-elle tant dévalorisée aujourd’hui ? Au cours de mes recherches pour écrire cet article, je suis tombée sur beaucoup, beaucoup, beaucouuuup de bêtises concernant celle-ci : « ça ne sert à rien », « ça alourdit le texte », « c’est pour se la péter »… Et parfois sur des guides vus par des milliers de gens. Vous vous rendez compte de l’énormité que vous sortez quand même ?! Comment croyez-vous que la littérature a traversé les âges ?

La réponse est toute simple : nous sommes à l’ère d’internet et les jeunes auteurs pensent, à tort, que lire des textes courts est la norme. C’est vrai dans un sens. Est-ce pour autant qu’il faut abandonner les descriptions ? Bien au contraire ! Un texte composé uniquement de dialogues (sauf s’il s’agit de théâtre, bien sûr) est un texte raté. Eh oui. C’est un texte qui ira trop vite, qui ne développera aucun personnage et ne dégagera aucune émotion. Beaucoup de gens pensent aussi, à tort ici aussi, que les descriptions sont difficiles à lire. C’est faux, ou la description que vous avez lu n’est pas une bonne description.

Nous allons donc voir ensemble pourquoi la description est indispensable et les quelques secrets pour réussir à les maîtriser facilement et sans les rendre inutilement compliquées.

2. Qu’est qu’une bonne description ?

Une bonne description est une description qui fait sens dans votre récit, qui a une utilité et une identité propre. Si vous mettez de la description juste parce qu’il faut en mettre, vous allez vous planter et ça va être fatigant à lire pour vos lecteurs. Les lecteurs n’aiment pas les descriptions de base, c’est votre job en tant qu’auteur de leur montrer qu’ils ont tort !

Qu’est-ce qu’une description qui a du sens me direz-vous ? C’est une description dont on ne peut pas se passer. Si vous sentez qu’il manque quelque chose dans votre texte, c’est que vous n’avez pas assez incorporé de descriptions à l’intérieur. Comme je vous le répète depuis la création de ce blog : tout dans votre texte doit être cohérent et expliqué. Une description qui a du sens est donc une description qui apporte quelque chose au récit. Si décrire une petite culotte dans le fond du décor est utile pour la suite de l’intrigue, allez-y ! En revanche, si on ne voit qu’un personnage random une fois dans tout le récit, peut-être vaut-il mieux réfléchir à la pertinence de cette description.

Une belle description, c’est aussi quelque chose qui a du style. Je vous vois déjà lever les yeux au ciel derrière le PC, c’est pas très, très urbain. Les figures de style sont des effets de texte qui permettent de faire passer des messages, des symboles, des informations qui passent à première vue inaperçue et ont ensuite une importance capitale dans le récit. Les plus connues de ces figures de style sont la métaphore et la comparaison mais il y en a des dizaines d’autres : chiasme, oxymore, paronomase, assonances, allitérations, … Il y en a pour absolument tous les goûts et toutes les couleurs. Si j’ai le courage, j’écrirai bientôt un article pour vous les présenter.

Et si vous n’avez pas envie de vous compliquer la tâche, pourquoi ne pas simplement transmettre des messages et des symboles qui vous sont chers au travers d’objets, d’expression, de couleurs, de vêtements ? Presque tous les objets ont déjà été utilisés en littérature. Ce qui signifie que presque tous les objets (les couleurs, formes, la météo, les sentiments, les fleurs, les choux de Bruxelles, …) ont une signification. Une simple recherche sur Google et vous devrez trouver votre bonheur (oui, oui, même sur les choux de Bruxelles !)

En revanche, abandonnez vos cliché de « les descriptions ça doit pas être trop long/court ». Une description fait la taille qu’elle veut tant qu’elle est cohérente et pertinente. Plutôt que de reprocher aux auteurs d’écrire trop, pensez plutôt à POURQUOI ils ont écrit autant. Un gros pavé implique une grosse idée. C’est un indicateur, l’auteur vous pointe littéralement ce bout de texte avec de grosses flèches rouges qui clignotent ! Et si vous ne me croyez pas, je vous invite à aller lire du Zola ou du Balzac. Vingt pages de descriptions, vingt pages de messages cachés à décrypter. Je ne le répéterai jamais assez, lire des auteurs du passé, c’est très important !

3. Comment améliorer vos descriptions en douceur ?

Bien sûr, vous vous en doutez, Balzac et Zola n’ont pas écrit de superbes descriptions de vingt pages en quelques jours. C’est du travail, et c’est la même chose pour vous. Avant de penser à faire une belle description, nous allons travailler sur comment les rendre utiles et agréables à lire.

Premièrement, si vous débutez, je vous conseille de débuter en douceur. Les longues descriptions, ce n’est pas encore pour vous. Une description trop longue vous fera forcément perdre votre cohérence et c’est souvent ce qui cloche dans les textes. Pour rendre les choses plus simples, vous devez vous faire, au cours de votre aventure au pays de l’écriture, des fiches vocabulaires. Je vous conseille d’en créer au moins quatre, qui sont le minimum vital :

– Celui sur les objets recensera tous les objets dont vous avez besoin et/ou qui se trouvent autour de vous (meubles, armes, vêtements, nourriture, la seule limite est votre cerveau). Je vous conseille de les classer par thèmes pour les retrouver plus simplement. Pensez à chercher des symboliques  !

– Celui sur les lieux recense des noms de villes, des bâtiments, des descriptions d’endroits types, de lieux dégageant des auras fortes qui pourront vous servir pour vous inspirer par la suite. N’hésitez pas à coller des photos à la place des textes si ça vous aide.

– Celui sur la description physique recense toutes les parties du corps humains et leurs symboles. Pensez, ici aussi, à les classer par thèmes. Par exemple : une fiche pour la forme des yeux, une fiche pour les os, une fiche pour le visage… Si vous écrivez de l’imaginaire, vous pouvez en faire de même avec vos espèces non-humaines. Cet annuaire peut également servir de bestiaire. Tout comme pour les lieux, n’hésitez pas à coller des photos/dessins de personnes et personnages que vous appréciez pour vous constituer une banque de données réaliste.

– Enfin, l’annuaire « divers » recense tout ce qui ne va pas au dessus, par exemple des symbolique de couleurs, de textures, de sentiments, de sensations, etc.

Plus votre base de données s’agrandira, plus vous aurez de matière à exploiter dans vos descriptions.

Pour ce qui est de l’écriture en elle-même, dans un premier temps, ne vous cassez pas la tête à incorporer des symboliques partout. Concentrez vous sur votre style d’écriture et votre capacité à préciser ce qui est dans votre description. Par exemple, les mots « trucs », « choses », « cela », « il y a » sont à bannir. Si vous les utilisez, c’est que vous n’arrivez pas à qualifier l’objet de votre description. De même, faites attention à l’emploi des verbes être et avoir. Dans 90% des cas, un verbe plus précis pourra les remplacer. Je vous conseille d’acheter un dictionnaire de synonymes ou d’en trouver un en ligne, il deviendra vite votre meilleur ami.

Une fois que vous réussirez à bien préciser vos descriptions, il va falloir songer à progresser. Pour ça, rien de plus simple, rendez-vous dans n’importe quel lieu près de chez vous, même votre chambre si vous le désirez, et commencez à la décrire de manière la plus précise possible. Cela vous permettra de mettre un pied dans le réalisme. Quand vous vous sentez à l’aise avec des lieux physiques, passez à des lieux moins vastes, sur des photographies, par exemple. Plus dur encore, commencez à traiter des lieux métaphysiques, qui n’existent pas dans notre matérialité. Par exemple, quelle image avez-vous du paradis et de l’enfer ? Voilà, vous avez de quoi vous occuper de longues heures.

Le plus dur restera certainement les descriptions physiques et les descriptions de sentiments. Il est très dur de se représenter comment pense et agit un autre être humain. Il est encore plus dur de trouver plusieurs visions différentes de ces agissement. Je vous conseille de commencer avec des descriptions de personnes que vous connaissez très bien. Ensuite, vous allez pouvoir mélanger les personnes que vous connaissez, leurs caractéristiques physique et mentales, pour créer un nouveau personnage. Je vous déconseille en revanche de vous inclure dans le récit. Vous n’aurez pas assez de dissociation sur vous-même pour écrire quelque chose de neutre. De même, si ça peut vous aider, entraînez-vous sur des photos et des dessins ! Que ce soit des animaux, des humains, des créatures fabuleuses : vous devez être capable de vous adapter facilement.

Enfin, une fois que vous maîtrisez tout ça avec précision et cohérence, vous allez pouvoir incorporer des symboles et des figures de style complexe. Je ne peux que vous conseiller de vous référer à mes articles sur la création de personnages (1234) qui vous aideront à trouver des symboliques propres à vos personnages. Pour les objets, les lieux, les sentiments, il n’y a qu’une méthode efficace : les recherches. Encore et toujours. On vit une époque fantastique où l’on a tout en un clic, profitez-en ! N’hésitez pas à lire également beaucoup, beaucoup de littérature classique, elle regorge de symboles et il ne vous est absolument pas interdit de vous en inspirer !

Avec tous ces conseils, je pense que vous avez toutes les clés en main pour bien travailler vos descriptions. Bien sûr, je vous rappelle que travailler régulièrement est nécessaire pour vous améliorer et que la patience est la meilleure des vertus ! On ne devient pas un grand auteur en deux jours, mais au contraire en plusieurs années !

C’est tout pour cet article ! J’espère qu’il vous a plu 😀 Je vous souhaite une agréable semaine, nous nous retrouverons le week-end prochain. Je ne peux que vous encourager à commenter et partager cet article si ça vous a plu, c’est très important ! Bisouilles, merci de votre soutien !

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