GRAINES D’AUTEURS – Flora Lune

GRAINES D’AUTEURS :
Flora Lune

Bonjour ! Cette semaine, je vous présente Flora Luna, autrice Wattpad qui vient nous présenter son texte. Au programme : inspirations littéraires, auto-édition et la relation entre la littérature de l’imaginaire et les femmes.

Vous pouvez la retrouver sur Wattpad et sur Facebook.

Bonjour Flora Lune ! Dis-nous tout ! Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

Qui je suis… Puis-je rester Flora Lune ? Oui, je vais rester Flora Lune 😀 J’ai 25 ans, pour l’heure je suis mère au foyer d’un petit adorable petit Clément, 5 mois et demie. Auparavant j’étais vendeuse à la Biocoop de Mulhouse (un réseau de magasins bio). J’ai fait des études de lettres modernes avec options grec ancien/japonais… rien de plus à dire me concernant mais c’est déjà pas mal je trouve :p

Depuis quand écris-tu ? Est-ce qu’il s’agit seulement d’un passe-temps ou d’un peu plus ? Quel rapport entretiens-tu avec l’écriture ?

Basiquement depuis que je sais tenir un crayon 😀 Plus sérieusement, j’ai écrit mes premiers récits vers l’âge de 9 ans, et j’ai terminé la toute toute première version du premier tome de ma trilogie Esprits Jumeaux avant de rentrer en sixième. Evidemment, l’histoire n’a plus rien à voir aujourd’hui.
Jusqu’à l’âge de 21-22 ans, j’écrivais sans vraiment me dire que je pourrais un jour en faire mon occupation principale… jusqu’au jour où quelqu’un m’a dit qu’en fait si, je pouvais ! Du coup, depuis, je ne fais plus que des boulots alimentaires puisque ma vraie voie, je l’ai trouvée.
Mais l’écriture a toujours eu une place dans ma vie, et ce, quelle que soit cette place.

Tu as une histoire en cours, Les ailes déchirées des anges perdus, peux-tu nous la présenter ? Quand et comment est né le projet ? Qu’est-ce que ça raconte ?

Ahem… Oui, je vais essayer.

Yuna est une jeune coursière de 17 ans qui découvre un jour le cadavre d’un ange aux ailes coupées, le premier d’une série. Qui sont les meurtriers, pourquoi s’en prennent-ils aux anges, qui sont les anges… c’est ce que va rechercher Yuna au travers de différentes épreuves qui vont également lui apprendre qui elle est vraiment…
Si je devais qualifier l’histoire en quelques mots-clés, je dirais aventure, magie, voyage, action…

Le projet a d’abord germé dans ma tête sous forme de… fanfiction, si on peut dire. Je jouais à Dragon Quest IX (un RPG sur Nintendo DS), et je ne sais pas si vous connaissez un peu les Dragon Quest, mais dans la plupart d’entre eux, les personnages ont une histoire et une personnalité… Pas dans celui-ci. Dans celui-ci, on crée nos personnages nous-mêmes. C’est ainsi que sont nés Yuna (Megami ingame), Clément, Philomène (Philomen ingame, la faute au nombre de caractères limités), et Heath (Kurama). Pendant un moment, l’histoire était assez prenante, le scénario avançait assez vite, mais au bout d’un moment, j’ai commencé à stagner faute d’un niveau suffisant, alors je me suis lancée dans d’interminables combats pour gagner quelques niveaux… et c’est là que j’ai commencé à imaginer le caractère de mes personnages, leurs histoires, et à détourner l’univers dans lequel je jouais pour créer mon propre univers… finalement, ceux qui lisent aujourd’hui sentent l’influence RPG, mais ne devinent plus Dragon Quest IX. J’y ai réfléchi en dilettante pendant un moment, car j’étais sur un autre projet (c’est mon truc de gérer plusieurs projets en même temps) et puis finalement, il y a deux ans, je me suis lancée et j’ai commencé à écrire.

Ton texte possède actuellement 117 parties, ce qui est assez énorme sur une plateforme d’écriture. Quelle est ta méthode de travail ? La longueur de ton roman n’est-elle pas un désavantage pour trouver des lecteurs réguliers ? Penses-tu avoir les même chances d’être lue qu’un auteur avec des histoires d’environ 20 chapitres, comme c’est souvent le cas sur Wattpad ?

Evidemment c’est un désavantage, car les gens sont de gros flemmards et je ne fais pas exception à la règle ! Pour encourager les gens à venir me lire, je poste des demandes d’échanges d’avis (ou chacun lit et commente l’histoire de l’autre en disant ce qu’il pense, ce qui pourrait être amélioré…) et je précise que chacun lit ce qu’il veut et ce qu’il peut. C’est plus encourageant que simplement faire un post de pub (qui passe inaperçu les trois quarts du temps). Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que si il y a beaucoup de parties, c’est parce qu’elles sont hyper courtes (500 mots en moyenne contre plus de 1000 chez la plupart des auteurs), et c’est voulu, c’est pour permettre une lecture plus facile, et que le lecteur puisse faire une pause quand il le souhaite. Il n’y a rien qui m’énerve plus que des parties interminables car je me sens obligée de la lire jusqu’au bout alors que j’aimerais pouvoir m’arrêter.

Comme je poste une partie par jour, je me force à écrire un peu tous les jours (j’ai un objectif de 500 mots par jour mais je n’y arrive pas à chaque fois hélas).
Après j’ai quand même quelques lecteurs réguliers, qui suivent l’histoire jusqu’au bout, et ça, ça fait hyper plaisir.

J’ai vu dans le résumé de ton histoire que tu t’inspirais de Dragon Quest pour ton histoire, on va donc parler un peu d’inspirations ! Aujourd’hui, on entend souvent dire qu’il est impossible d’inventer et d’innover parce que tout est inspiration de quelque chose d’autre. Es-tu d’accord avec cette affirmation ? Penses-tu qu’il est impossible d’écrire des textes originaux aujourd’hui ?

Et bien non je ne suis pas d’accord ! Enfin, pas totalement. Il est en effet impossible, ou presque, d’inventer quelque chose de totalement nouveau. Même sans le vouloir, on s’inspire forcément de choses et d’autres, mais c’est la façon dont on assemble les différentes inspirations entre elles qui est originale en soi. On prend l’exemple d’un roman policier par exemple, avec ses éléments clé : le meurtre, le criminel, la victime, l’enquêteur, les témoins. Ces éléments-là, ils existent dans la vie réelle même si le roman leur donne un autre nom ou une autre forme, impossible de les inventer. Par contre ce qui est nouveau, et que l’auteur a pu imaginer par lui-même, c’est le déroulement de l’enquête, le dénouement final, le mobile du meurtre, le schéma de pensée…

Parlons un peu d’actualité littéraire. Aujourd’hui, on peut remarquer une division des auteurs : face à la concurrence américaine et étrangère en général, une majorité d’auteurs de romance et de littérature de l’imaginaire misent sur l’auto-édition, qui pourtant est décriée par le monde littéraire. Selon toi, puisque tu es concernée, pourquoi la littérature de l’imaginaire se retrouve souvent en arrière-plan ? Penses-tu qu’il existe une certaine tension entre auteurs édités et auto-édités ? Si tu devais choisir d’éditer ton livre, vers quelle voie te tournerais-tu ?

Hum… je ne prétends pas être experte en actualité littéraire encore moins en sociologie, mais il y a quelques idées qui me viennent.

La différence entre la littérature du réel (type romance, littérature réaliste…) et la littérature de l’imaginaire, c’est que plus de gens se retrouvent dans la littérature du réel, même ceux qui n’aiment pas forcément lire peuvent se laisser emporter car ils auront l’impression de regarder des possibles de leur propre vie à travers un écran. Alors que la littérature de l’imaginaire, il faut prendre le temps de se plonger dans un univers, en comprendre les mécaniques, avant d’accéder à la “petite histoire”, autrement dit celle qui intéresse le plus grand nombre, et beaucoup n’ont pas envie de faire cet effort. Moi-même, qui ai grandi avec Harry Potter, j’admets qu’à la première lecture des romans, je sautais volontiers les paragraphes explicatifs pour me concentrer uniquement sur l’action, et j’y revenais après. Sauf que quand ces paragraphes explicatifs interviennent dès le début du roman, ça décourage vite. C’est pour ça que je suis partisane du début “in medias res” quand j’écris.

Le deuxième point, c’est qu’il y a “trop” d’oeuvres de littérature de l’imaginaire, et c’est difficile de trouver ce qui nous plait vraiment dans tout ce fouillis, et de tirer son épingle du jeu en tant qu’auteur, car comme on l’a dit plus haut, il est devenu très difficile d’innover, et quand on ouvre un livre, l’une des premières craintes que l’on ait c’est de tomber dans du “déjà-vu”.

L’auto édition est donc devenue une solution pour beaucoup d’auteurs… une fausse bonne idée selon moi. Oui c’est clair que c’est gratifiant de voir son oeuvre enfin publiée et de pouvoir être recensé comme “auteur”, mais le prix à payer, c’est une oeuvre qui n’a généralement reçu aucune correction de forme et de fond si ce n’est celle de l’auteur, et qui n’a aucun suivi de communication, de publicité… à moins d’avoir assez d’argent pour payer tout ce beau monde. Pour moi, l’édition classique est la meilleure, parce qu’on a en face de nous des gens qui connaissent leur métier, et qui vont faire tout ce qu’il faut pour que l’oeuvre sorte du lot et se vendent bien, il en va de l’argent qu’ils y ont investi. Alors certes, c’est une voie très fermée, quasiment inaccessible pour les jeunes auteurs, les remarques de l’éditeur ne font pas toujours plaisir à entendre… mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Toujours sur les discriminations, on peut également remarquer que les littératures de l’imaginaire, en librairie, sont souvent campées par des hommes. On trouve très peu de femmes éditées dans le domaine. Penses-tu qu’il existe un certain sexisme du monde littéraire vis à vis de la fantasy et de la science-fiction ? Aurais-tu des propositions pour améliorer la condition des autrices dans les littératures de l’imaginaire ?

Questions de moeurs j’ai envie de dire. Même si les femmes se sont suffisamment battues et ont prouvé qu’elles pouvaient faire aussi bien que les hommes, ce n’est toujours pas ancré dans les esprits. Dans l’esprit collectif, quand on parle d’un truc “de femme”, on pense forcément “de qualité médiocre”. Dans l’esprit collectif, les seuls domaines dans lesquels une femme a le droit d’exceller sont la beauté, la cuisine… les domaines desquels les hommes sont absents en somme ! (Et encore c’est de moins en moins vrai pour la cuisine, à la maison c’est madame qui popote, mais celui qui est sur le devant de la scène, c’est monsieur… ). J’ai une histoire en tête, celle d’une femme qui avait envoyé un manuscrit sous son nom, et que l’éditeur avait refusé. La même femme envoie le même manuscrit au même éditeur, mais sous un nom masculin, et là, elle est rappelée. La misogynie dans le monde éditorial est bel et bien avérée, d’ailleurs il me semble que J.K. Rowling a préféré utiliser ses initiales pour cette raison-là… et je ne pense pas me tromper en affirmant que nombre de “grosses” maisons d’édition sont gérées par des hommes.

Les hommes manquent cruellement de confiance en eux, ils se disent que si les femmes commencent à “envahir” le domaine de la littérature (comme la plupart des autres domaines), elles vont les supplanter, et préfèrent cacher ça en affichant du mépris… ce qu’il faudrait, c’est changer cette manière de voir les choses. Les femmes ne font pas mieux ou moins bien que les hommes, elles font différemment.

Changeons un peu de sujet pour parler des réseaux sociaux. Tu as une page Facebook et tu es également membre de Wattpad France, l’un des plus gros rassemblements de Wattpadiens sur la plateforme. Il y a quelques temps, je décriais la pratique abusive de la publicité. Que penses-tu des plateformes d’écriture ? Sont-elles vraiment utiles ou encouragent-elles la course aux vues ? Que penses-tu de cette dictature de la publicité pour obtenir des lecteurs ?

Ah c’était toi ? 😀

Je ne connais pas beaucoup de plateformes d’écriture à vrai dire, j’ai été un temps sur Skyrock mais encore fallait-il avoir des choses intéressantes à dire…

Concernant Wattpad, je pense que tout est dans l’usage qu’on en fait. Personnellement, quand j’ai découvert le principe d’échanges d’avis, ça a été une véritable révolution dans ma façon d’utiliser le site. Je suis partisane du “donner pour recevoir”, autrement dit, j’allais souvent chercher des histoires à lire, je commentais de façon assez détaillée, et quand j’avais fini, je proposais à l’autre de venir lire mon histoire… sauf que 9 fois sur 10, je me heurtais à un “désolé j’ai pas trop le temps de lire en ce moment”. Décourageant quoi. Au moins grâce aux échanges, c’est clair dès le début. Dans cette optique, Wattpad m’a effectivement permis de me faire connaître, mais surtout de découvrir de belles histoires que je n’aurais pas connues autrement… et de faire de belles rencontres aussi !

Après, c’est vrai que le système de classement est un engrenage qui encourage la fameuse “course aux vues” : plus on a de vues, plus on est haut dans le classement, et plus on est haut dans le classement, plus on a de chance d’être vu… dans cette optique, c’est naturel de vouloir se faire de la pub, mais c’est quasiment impossible de se maintenir dans la course si on ne partage pas avec les autres auteurs en lisant leurs histoires… et ça, beaucoup de gens qui font de la pub sauvage ne l’ont pas compris.

Pour notre dernière question, parlons de choses plus légères ! L’une des thématiques de ton roman touche aux anges. Pourquoi cette fascination pour ces êtres ? C’est un sujet assez courant en fantasy, comment te les as-tu appropriés ?

Je ne sais pas trop ce qui m’a poussée à écrire sur les anges en premier lieu, à part le fait qu’ils étaient présents dans DQ, mais sous une autre forme que celle que je leur ai donnée.

Les anges ressemblent énormément aux humains, à la différence qu’ils possèdent une paire d’ailes dont ils apprennent à se servir tout au long de leur vie (il faut cent ans pour en avoir la maîtrise totale). Ces ailes sont le reflet de ce qu’ils sont intérieurement, elles brillent par leurs actes d’amour, et se noircissent dans la colère et la haine. Ils peuvent éprouver des émotions comme la joie et la peine, mais doivent apprendre à les inhiber car elle les détourne de la vraie justice – or, c’est à ça qu’ils aspirent.

A partir de l’adolescence, les anges commencent à ressentir des émotions dont ils doivent se débarrasser car aucune ne peut être nuancée ou modérée, contrairement aux humains. Elles donnent à leurs ailes différentes couleurs : gris pour la tristesse qui conduit à des actes d’auto-destruction, le jaune pour l’envie et la jalousie, rose à violet sombre pour le désir… si ces couleurs perdurent, elles évoluent en haine, représentée par le noir.

Leur rôle est de maintenir l’équilibre entre les diverses forces et espèces, ce qui les pousse parfois à prendre part à certains combats contre les humains ou en leur faveur. Mais les premiers d’entre eux que Yuna rencontre sont des anges corrompus, qui ont les ailes entièrement noires et qui se servent de leurs pouvoirs à des fins personnelles.
Je voulais donner aux anges une dimension plus noire, plus sérieuse que celle dont on a l’habitude… ne pas en faire des être purs, mais aspirant à la pureté, ou y ayant complètement renoncé de la pire des manières.

Et bien sûr, c’est le rituel : donne deux mots à la personne qui passera après toi ! Elle devra les caser dans son interview. 

Hum… Je tiens à dire que j’ai galéré à caser les miens ! Pour le suivant, ce sera “flamme” et “berceuse” 😉

Merci beaucoup et rendez-vous dans deux semaines pour rencontrer un nouvel auteur !

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