Bêta-lecture, une bête torture ?

BÊTA LECTURE, UNE BÊTE TORTURE ?

Bonjour à tous dans ce gros article que je prépare depuis un petit moment et qui a pour thème l’entraide entre auteurs et notamment au niveau de la bêta-lecture. Aaaaaah, il y a tellement, tellement de choses à dire dessus, et ce n’est pas forcément tout rose. C’est parti !

Pour cet article, je me suis basé sur les réponses d’un sondage sur la bêta-lecture que j’ai proposé sur Twitter et Facebook, vous pouvez découvrir ses résultats par ici : CLIQUE !

1. Les signaux d’alarme : à quel moment sait-on qu’il y a un problème avec notre texte ?

Les auteurs sont souvent réputés pour avoir un bon égo. Et c’est vrai. Lorsque l’on se lance dans un projet, on veut le voir évoluer, grandir et être mené à son terme le plus rapidement possible, en y jetant parfois toute notre volonté dedans. Donc, forcément, quand une flopée de commentaires négatifs nous tombe dessus, il est difficile de prendre un peu de recul pour voir que ces gens veulent nous aider. L’homme est une drama-queen qui aime se plaindre, c’est la vie, il faut l’accepter. Et puis il y a ces nombreux textes qui ne trouvent pas leur public, malgré toute la bonne volonté du monde pour appâter le lecteur.

Lorsque l’on est auteur, il est très difficile de prendre conscience que son texte n’est pas et ne sera jamais parfait.

A qui la faute ? Au lecteur qui ne commente pas aussi souvent que l’on voudrait ? A l’auteur qui ne sait pas gérer sa publicité ? Ou tout simplement au potentiel de l’histoire qui n’est pas aussi bien que ce que l’on pourrait croire ? L’auteur est sensible à bien plus de facteurs d’échecs qui l’encouragent à arrêter d’écrire plutôt que l’inverse.

Commentaires négatifs, pertes de motivations, absences de lecteurs sont des facteurs qui doivent vous alerter. Plus il y en a, plus il y a urgence pour vous de trouver de l’aide. Si votre texte ne décolle pas, c’est peut-être tout simplement parce que vous rencontrez un problème qu’il est difficile de régler parce que vous ne le voyez pas.

2. Trouver des solutions par soi-même avant l’appel à l’aide

Nous le disions, l’auteur a un gros égo et n’accepte que rarement de se faire aider parce qu’il ne juge pas ça nécessaire. Même si je suis en profond désaccord avec cette manière de penser, bien sûr qu’il y a moyen de trouver des solutions.

Saviez-vous, par exemple, que « l’inspiration » est une grosse excuse pour ne pas écrire ? Donnez vous un coup de pied aux fesses et fixez-vous un quotas de mots journaliers. L’écriture, c’est pas une question d’inspiration mais de régularité. Plus vous écrivez, plus vous vous améliorez.

Les problèmes les plus fréquents que l’on rencontre en tant qu’auteur sont souvent les même pour tous : se corriger et réussir à produire quelque chose. Pour le premier, Internet est un outil fantastique qui permet de nombreuses prouesses, notamment celles de corriger pour vous. Antidote, par exemple, est un logiciel assez coûteux mais qui est très efficace et vraiment indispensable une fois qu’on commence à l’utiliser. Il y a aussi plusieurs sites visant à repérer des répétitions dans votre texte ou qui vérifient la concordance des temps. A vous de fouiller, il y en a tout plein.

Beaucoup d’auteurs, également ne relisent pas leur texte avant de publier. C’est une grosse erreur qui peut pourtant éviter jusqu’à 90% des erreurs les plus courantes qu’on rencontre sur les plateformes d’écriture. Oui, c’est barbant, mais si vous visez l’édition, sachez qu’un travail de relecture beaucoup plus difficile vous attend derrière. Une relecture après l’écriture de chaque chapitre, c’est une grosse perte de temps évitée pour plus tard.

3. Correcteurs et Bêta-Lecteurs : quelle différence ?

Entrons dans le vif du sujet. Dans les résultats du sondage, énormément de personnes (auteurs comme « bêta-lecteurs ») ne savent PAS ce qu’est vraiment un bêta-lecteur. Commençons donc par les bases.

Un correcteur amateur est une personne qui se propose de vous aider sur la forme de votre texte. Il a pour rôle de corriger vos mots, vous aider sur les malformations et sur tout ce qui touche au style. Il travaille AVANT la publication des chapitres et permet d’avoir des textes vraiment chouettes et bien écrits. Le correcteur peut intervenir à n’importe quel moment dans votre récit, vous pouvez même faire appel à plusieurs d’entre eux. Mais le correcteur n’est pas un bêta-lecteur.

Contrairement au correcteur, le bêta-lecteur aide l’auteur de ses balbutiements jusqu’à l’achèvement de l’écriture. Il est préférable de le choisir avant le début de l’écriture du texte, ou à la limite au tout début du travail. Son but, c’est de vous accompagner dans cette grande aventure qu’est l’écriture du texte. Bien qu’il peut corriger votre texte, ce n’est pas sa fonction première et il n’a absolument pas l’obligation de le faire.

Le bêta-lecteur travaille essentiellement sur le fond du texte, c’est-à-dire le scénario, la cohérence et les personnages. C’est aussi une oreille attentive vers qui vous pouvez vous tourner en cas de blocage dans l’écriture ou de commentaires vraiment négatifs, puisqu’il peut vous aider à surmonter les épreuves en vous donnant des pistes de travail différentes à explorer. Le bêta-lecteur accompagne l’auteur, son but, c’est de le voir progresser et mener à terme son projet.  C’est pour ça qu’il est préférable de le choisir avant l’écriture.

Par exemple, beaucoup d’auteurs se plaignent d’avoir des difficultés à construire le plan de leur texte. Le bêta-lecteur est là pour vous épauler et vous guider, vous donner différentes méthodologies à tester pour améliorer votre expérience d’écriture.

En revanche, un bêta-lecteur, tout comme un correcteur, ne doit rien vous imposer. Tout doit être fait sur une base de propositions que l’auteur est libre de suivre ou non. Enfin, jusqu’à un certain point : si vous refusez toutes les propositions de votre bêta-lecteur, il faudra veiller à vous remettre en question.

4. Où trouver mon bêta-lecteur ?

Vous l’aurez compris, un bêta-lecteur est une personne dans laquelle vous devez avoir confiance, puisqu’elle vous accompagnera pendant un petit moment. C’est ce qui rend très difficile la recherche de bêta-lecteurs. Vous ne pouvez juste pas prendre la première personne qui se présente à vous.

Dans la vraie vie, il est plus facile de trouver de bon bêta-lecteur. Un ami qui écrit également peut être une occasion en or de vous entraider mutuellement. C’est d’ailleurs toujours plus simple de faire bêta-lire son texte par un ami à l’œil assez neutre qui pourra parler franchement de ce qu’il pourrait y avoir à améliorer. Je le disais au tout début de ce blog, mais un professeur de français ou de lettres en qui vous avez confiance peut également faire un très bon bêta-lecteur, et ça leur fait souvent très plaisir de répondre à ce type de questions. N’oubliez pas que beaucoup d’entre eux sont ou ont été auteurs un jour, juste comme vous et qu’ils sont probablement les mieux placés pour vous fournir des conseils utiles.

En ligne, la tâche s’avère souvent bien plus difficile. Comme je le disais plus haut, plusieurs personnes s’improvisent bêta-lecteurs ou disparaissent de la circulation du jour au lendemain sans donner de nouvelles. Je vous déconseille sincèrement de prendre la première personne venue. Prenez le temps de discuter des compétences de la personne et des services qu’elle offre, renseignez-vous également sur son expérience. Si le bêta-lecteur a de l’expérience derrière lui, vous pouvez notamment demander à voir un exemple de texte corrigé par ses soins, il doit normalement en avoir un. Vous pourrez ainsi avoir le recul nécessaire pour voir ce qu’il est capable de faire.

Dans le cas d’un bêta-lecteur qui débute, comme dit plus haut, privilégiez l’échange de services en vous lisant l’un et l’autre. Cela vous permettra d’avoir une première expérience en bêta-lecture et ça vous sera utile à tous les deux.

Plusieurs groupes d’entraides sur les réseaux sociaux et les plateformes d’écriture sont dédiés à la bêta-lecture. Une petite recherche devrait permettre de cibler les offres les plus intéressantes. Encore une fois, cibler l’objet de la recherche permettra d’avoir de meilleurs résultats 🙂

5. Le bon bêta-lecteur

Pour vous aider un peu dans votre recherche, ou pour vous donner quelques pistes si vous souhaitez devenir bêta-lecteur, voici ce que vous devez rechercher.

Pour commencer, et même avant de proposer quoique ce soit, le bêta-lecteur doit être bienveillant. Il ne doit pas être motivé par l’idée d’enfoncer l’auteur en cherchant tout ce qui ne va pas dans son texte, il doit être motivé par l’idée d’aider. Cela signifie qu’il faut accepter que de TOUS les textes doivent ressortir des qualités et des défauts. Rien n’est jamais parfait, mais rien n’est jamais complètement nul non plus.

Le bêta-lecteur doit savoir se poser des limites. Pour un ciblage plus efficace, un bon bêta-lecteur ne corrige que le type de textes qu’il affectionne et sur lequel il a le plus de connaissances. Pour ma part, par exemple, je suis plus portée sur la fantasy et la science-fiction, ça ne me viendrait jamais à l’esprit de bêta-lire de la romance ou de la poésie. Dans l’idéal, trois à quatre genre de lectures doivent être définis.

De même, un bon bêta-lecteur ne prend pas beaucoup de demandes en même temps. Si vous débutez, un texte à la fois, c’est amplement suffisant. N’oubliez pas que vous devez donner la même attention à chaque auteur, attention à ne pas vous laisser déborder. Même après cinq ans de travail, je ne prends jamais plus de deux textes à la fois pour ma part.

Un bon bêta-lecteur doit être disponible. On ne parle pas d’être H24 devant le PC, mais deux à trois fois par semaine, c’est le grand minimum, y compris en période de cours. Si vous n’êtes pas disponible pour l’auteur, vous n’êtes que la cinquième roue du carrosse qui contribue à brider l’auteur, abstenez-vous, donc.

Le bêta-lecteur doit aussi être entreprenant et autonome. Si vous ne recevez pas de nouvelles de l’auteur pendant un moment, c’est à vous d’entreprendre la démarche d’aller vers lui pour vous assurer qu’il ne rencontre pas un problème au niveau de l’écriture. Engager un dialogue peut facilement remotiver un auteur, il ne faut pas hésiter à le faire.

Le bêta-lecteur doit avoir des connaissances sur son sujet. Eh oui ! Même si on est pas obligé d’avoir fait une licence en Lettres pour être bêta-lecteur, un minimum de connaissance de règles sur la cohérence, la concordance de temps, de vocabulaire, d’idées sont indispensables pour aider convenablement l’auteur. Vous devez être le complément à sa bibliothèque littéraire. L’autonomie entre également dans ce cadre, vous avez un doute sur un domaine ? Google ! C’est encore plus vrai si vous proposez de la correction dans vos services, puisqu’il vous faut avoir une très bonne connaissance des règles d’orthographe, grammaire, syntaxe et conjugaison.

Le bêta-lecteur doit travailler avec des outils adaptés. Word et Open Office sont difficilement pratiques, privilégiez l’utilisation de sites comme Google Docs qui vous permettent de travailler avec l’auteur sans interagir directement sur son texte. Cela vous permet notamment d’avoir des rendus comme ceux-là :

google

Si vous ne savez pas utiliser Google Docs, j‘ai un petit document d’initiation qui vous attend juste ici !  C’est clairement l’outil le plus pratique et je ne peux que vous le recommander pour vos séances de bêta-lecture.

Plus compliqué, le bêta-lecteur doit savoir repérer les forces et les faiblesses d’un texte sur tous les points qu’il propose à la relecture : cela peut être sur les personnages, le scénario, le suspens, la cohérence, le style d’écriture, les descriptions, les messages cachés, la vraisemblance, … Ce n’est pas un travail facile, une séance de bêta-lecture peut me prendre en général entre deux et cinq heures de travail. Vous devez aussi être capable d’avoir assez de recul pour savoir ce qui plaît ou ne plaît pas au lecteur type sur un texte, afin d’aiguiller au mieux l’auteur.

En revanche, le bêta-lecteur n’est pas l’esclave de l’auteur, ni son agent publicité. Vous n’avez pas à lui trouver de lecteurs, vous n’avez pas non plus obligé de lui répondre dans la seconde. C’est à vous de bien fixer les limites dès le début afin d’éviter de possibles débordements dans le futur. De même, si l’auteur n’accepte aucune de vos réflexions, vous pouvez mettre fin à l’entraide, c’est que celui-ci n’est pas réceptif à la critique et refuse de progresser. Débattre, ce n’est pas un problème, refuser purement et simplement parce que « ouais mais c’est mon style d’écriture », non seulement une fois sur deux, c’est une excuse parce que l’auteur n’a pas d’arguments, mais c’est aussi une des preuves que l’auteur a du mal à accepter la critique. Vous n’êtes pas là pour lui gonfler ses chevilles, ni pour le démonter, à vous de trouver le juste milieu pour lui faire comprendre que vous cherchez à l’aider.

6. Les limites de la bêta-lecture

Je sais que vous adorez ça, alors on va encore parler de culture du gratuit ! Mais si, vous savez, cet adorable façon qu’on les particuliers à employer des services gratuits à des fins payantes. Eh bien figurez-vous que le cas de figure se présente relativement souvent dans la bêta-lecture.

La bêta-lecture est un service amateur, à vocation d’auteurs qui ne s’éditent pas, par exemple pour des auteurs qui publient sur Wattpad ou Scribay. Le bêta-lecteur s’occupe donc des prémisses de l’histoire à la fin de l’écriture. Il n’est pas censé prendre en charge la relecture du texte, qui nécessite un travail bien plus complexe et qui ne peut que très rarement être assumé par un amateur parce qu’il nécessite des compétences techniques complexes.

Si encore, dans le cas d’une édition classique, on peut à la limite accepter que la bêta-lecture soit gratuite parce qu’il y a une relecture professionnelle (normalement…) derrière, dans le cas de l’auto-édition, c’est beaucoup moins acceptable.

En effet, quand vous faites le choix de l’auto-édition, vous acceptez de fournir le même travail proposé qu’en maison d’édition mais par vous-même, que ce soit la reliure, la mise en page et bien évidemment la correction et la relecture. Votre correction et votre relecture, comme en maison d’édition, ne peut plus être amateure, elle doit requérir un certain niveau de pratique et de compétences qu’on ne trouve que dans un cercle professionnel. Vous voulez vous auto-éditer, vous devez employer un relecteur-correcteur et ce n’est pas négociable.

Les relecteur-correcteurs sont des professionnels qui ont reçu une formation et ont fait des études dans le but de relire et corriger vos textes. Ils sont qualifiés et ont plusieurs années d’expérience derrière eux, ce qui fait d’eux les personnes les plus à même de vous aider. Bien sûr, il faut se méfier de certains d’entre eux et notamment des « coachs littéraires » qui sont parfois de vrais charlatans. Renseignez-vous bien.

Si jamais l’envie de garder votre bêta-lecteur vous prend, eh bien sachez que vous devrez quoi qu’il arrive le payer comme n’importe quel employé, sous peine d’être accusé de travail dissimulé. Bien sûr, il y a toujours moyen de s’arranger si ce sont des amis proches, mais si ce n’est pas le cas, une compensation financière, c’est vraiment obligatoire. N’oubliez pas que le travail de relecteur est plus difficile que celui de bêta-lecteur, puisqu’il demande bien plus de présence, bien plus de travail et bien plus de compétences. C’est pourquoi c’est une très mauvaise idée de rester à un niveau amateur car ce sont souvent des livres maladroits qui en sortent et surtout, qui ne se vendent pas.

En tant que bêta-lecteur, vous avez tout autant le droit de refuser de prendre des textes qui visent l’auto-édition sans compensation financière en retour. Vous travaillez autant que l’auteur sur le texte. Si vos corrections sont utilisées sans votre consentement, vous avez tout à fait le droit de réclamer une compensation financière à l’auteur, voir porter plainte contre lui pour escroquerie. Eh oui.

Je trouvais nécessaire de rappeler ce petit point qui conclut donc ce gros article sur la bêta-lecture. J’espère que la lecture vous a plu et que vous avez pu apprendre des choses, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article ! Merci beaucoup !

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