Le méchant, un personnage complexe !

LE MÉCHANT, UN PERSONNAGE COMPLEXE !

Hey ! C’est bientôt Halloween et je me disais que traiter des méchants pendant cette période était plutôt bienvenu ! Les méchants, on les adore. Ou on les déteste. Ou on adore les détester. Ils sont partout, mais, malheureusement, très peu sont remarquables à cause de petites erreurs qui ne permettent pas de le retenir. Ensemble, nous allons donc retracer un peu ce qu’est un méchant et ce qu’on attend de lui en tant que lecteur. C’est parti !

Cet article se base sur un sondage proposé sur Twitter et Facebook. Vous pouvez retrouver les résultats PAR ICI !

1. Qu’est-ce qu’un méchant ?

Lorsqu’on parle de méchants, il y a forcément de grands noms de la littérature qui nous viennent en tête : Sauron, James Moriarty, Voldemort, Hannibal Lecter, Grippe-Sou, Claude Frollo, Barbe Bleue et j’en passe… Tous ces grands criminels de la littérature sont devenus tellement populaires qu’ils ont tous eu au moins plusieurs adaptions en bande dessinée, films ou série télévisées, au point qu’ils soient même parfois plus connu que les héros de l’oeuvre.

Le méchant, aussi appelé antagoniste, c’est très souvent le coeur de l’intrigue d’un roman, peut-être même plus que le héros. Le héros cherche à arranger la situation, là où l’antagoniste cherchera sans interruption à l’arrêter. Le méchant n’est généralement pas un personnage principal (hors quelques cas)… Mais n’est pas non plus un personnage secondaire. Il a une place centrale dans le récit, sans être pour autant au centre de l’intrigue. Cette place un peu pivot en fait donc par excellence un personnage très complexe à mettre en place et à réaliser.

Il est commun de penser qu’écrire les méchants est facile, eh bien… C’est faux. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte lorsqu’on les créée qu’il est bien plus facile de foirer son méchant que de le réussir. Et c’est normal. Comme je le disais plus haut, très peu de méchants sont réellement marquants.

Bien au-delà de son rôle d’obstacle pour le héros, le méchant, c’est aussi bien souvent le personnage préféré des lecteurs. On a tous en nous un petit côté sadique qui fait qu’on aime voir les personnages de livres souffrir (arrête de te mentir Billy, assume). De ce fait, le méchant, c’est un peu ce défouloir émotionnel qui permet de décharger son trop plein d’émotions de la journée sur un pauvre gars qui n’a rien demandé. C’est encore plus vrai lorsque vous êtes auteur. Le méchant, c’est souvent le côté sombre de l’auteur.

2. Du méchant parodique au méchant invisible : cinquante nuances de méchants !

Des méchants, il en existe plein, depuis la nuit des temps. On en trouve pour tous les goûts et de toutes les couleurs, si bien qu’il est assez difficile de définir des profils types, stables et qui le restent. Néanmoins, il existe plein de types de méchants reconnus qui, réinventés, donnent de nouveaux méchants encore plus géniaux. Dans cette partie, nous allons dresser un petit portrait des méchants de la littérature. Bien sûr, c’est très incomplet, il en existe trop pour pouvoir tous les présenter ! Ce ne sont que des idées et des présentations, toutes ne sont pas forcément des bonnes idées, mais elles vous donne un aperçu de ce qui a déjà été fait !

En premier lieu, on trouve les méchants parodiques. Ceux-là, ils sont reconnaissables parmi tous les autres : méchants juste parce qu’ils sont méchants, ils sont souvent du genre qui cherche à mettre des roues dans les jambes du héros. Il rit de manière maléfique, mange de manière maléfique, vole les bonbons aux enfants et aime ça. Ces héros sont très typiques et on les rencontre surtout dans des textes qui veulent faire rire. Ils ne cherchent pas à être plus travaillé que ça, ils sont basés sur l’absurde et la moquerie. Ce sont un peu les méchants des dessins-animés pour enfants, du genre vaincu par un « CHIPER ! ARRÊTE DE CHIPER ! ». Ils ne sont pas franchement des menaces. On en trouve énormément en light fantasy, sous la figure de sorciers habillés de noir, maîtrisant la magie noire, qui habitent dans des tours noires… Et ça pourrait durer encore longtemps. Vous en avez un très bon exemple dans Le Donjon de Naheulbeuk !

On trouve ensuite les antagonistes parfaits, aussi appelés « Arch-Némésis ». Ce sont des méchants là aussi clairement identifiés. Ils sont l’exact contraire de votre héros, souvent aussi bien au niveau de l’apparence qu’au niveau du caractère. Ainsi, on trouve souvent en confrontation un homme et une femme, un brun et une blonde, lui-froid, l’autre chaleureuse, … Ils se complètent, tout en se divisant. Ce sont des personnages qui ne pourront jamais s’entendre parce que leurs intérêts sont aux extrêmes l’un de l’autre. C’est un des méchants les plus complexes parce qu’il doit se rapprocher assez de son ennemi pour lui ressembler tout en gardant ses différences. Dans cette catégorie, il y a tout plein de nuances. On trouve des duos de héros-méchants parodiques, comme d’autres très sérieux et bien plus dangereux. Dans les plus connus, on a Batman et le Joker, Sherlock Holmes et Moriarty, le Docteur et le Maître… Ce sont généralement les méchants qui ont le plus la côte auprès des lecteurs et spectateurs. Et en de rares cas, le Némésis peut même être le héros, avec le fameux cas de l’alter-égo qui rentre dans cette catégorie. L’Anté-Christ, c’est ça, par exemple.

Ensuite, on a tous ces méchants mi-figue, mi-raisin, dont on comprend parfaitement les raisons et qui sont souvent motivés par un stress post-traumatique. Après avoir perdu quelqu’un, ou même après s’être perdu lui-même, le personnage vire du mauvais bord par désespoir, désir de vengeance, par peur, ou même tout simplement pour que tout le monde soit malheureux comme lui l’est. Ces héros sont destructeurs. Ils vivent pour détruire parce que c’est la seule chose qu’il leur reste. Ce sont souvent des personnages extrêmement intéressants, avec une psychologie très riche et des motivations déformées par la douleur. C’est un des types de méchant les plus compliqué à écrire parce qu’il faut se détacher de tout pour laisser la haine et la douleur parler avant même le reste. Lorsque c’est bien fait, on obtient de véritables monstres.

Une petite catégorie de méchants est aussi motivée uniquement par des instincts de survie. Ce sont souvent des créatures ou des monstres qui ne réfléchissent pas au bien ou au mal, ils ont simplement faim ou ressentent un besoin de chasser. Les zombies, le Metamorph d’Alien en sont de très bons exemples. Ces créatures sont méchantes malgré elles, elles attaquent parce que c’est la loi de la nature. On pourrait aussi, quelque part, caser ici les créatures qui ne pensent pas comme les autres : démons, fantômes, qui possèdent les gens et cherchent en général à faire passer un message concernant leur propre mort. En bref, on trouve ici toutes les créations des livres, films et séries d’horreur, avec des méchants très particuliers qui ne sont que méchants. Mais cela s’explique en vérité très facilement : le lecteur ou le spectateur ne cherche pas la profondeur dans l’horreur, il cherche à se faire peur. Qu’on se l’avoue, on s’en fout un peu du scénario de Scary Movie n°87378, on y vient pour flipper sa race. Bah c’est la même chose. Ce sont des méchants qui servent uniquement à faire peur.

On trouve ensuite les méchants invisibles. Ce sont ces méchants qui se promènent avec votre héros tout au long de l’histoire… Et retourne leur veste à la toute fin, de manière totalement imprévisible. Lorsque c’est bien amené, ce retournement de situation provoque un choc chez le lecteur. Malheureusement, ce type de méchants est très dur à écrire et réussir à cacher la nature du méchant jusqu’au bout du texte sans que le méchant ne paraisse sortir de nul part à la fin est très, très dur. Mais il en existe de très, très bons. Pour ne citer un exemple, celui d’Everlasting, que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, rentre totalement dans cette catégorie, et c’est ce qui fait que ce livre est vraiment exceptionnel.

Ce sont les principaux, mais il en existe tout plein d’autres : les méchants instables à cause de maladies mentales (qui sont super, super, super difficiles à écrire et que je déconseille VRAIMENT si vous n’y connaissez rien), les dirigeants de pays qui s’opposent à des rébellions de héros (comme dans Hunger Games, Robin des Bois, …), les méchants plus forts que le héros (David et Goliath), les luttes incessantes entre le Bien et le Mal (littéralement 99% de la littérature s’inspirant d’un bestiaire religieux), les méchants déchus (Sauron) et j’en passe ! Il y en a tellement à écrire qu’il n’est  pas bien difficile de mélanger tous ces méchants pour en faire de nouveau !

3. Les faux-pas à éviter lors de l’écriture de méchants

Comme tout dans l’écriture, il y a pas mal de choses qui sont déconseillé lors de l’écriture des méchants, tout simplement parce qu’ils réduisent vos méchants à néant et vous dessert totalement. Bien sûr, encore une fois, rien n’est interdit dans l’écriture et si vous parvenez à réinventer, pourquoi pas ! Mais dans la plupart des cas, c’est casse-gueule et ça n’aide pas du tout.

Premièrement : ce n’est pas parce que votre méchant est méchant que vous devez lui faire faire n’importe quoi. En effet, même si le but d’un méchant est de faire peur ou de choquer le lecteur, il ne faut pas oublier qu’au final, ce seront des lecteurs bien humains qui liront votre texte. Ainsi, il y a de fortes chances qu’un lecteur soit très mal à l’aise avec un méchant qui viole à tout va ou qui pratique de la torture de manière détaillée. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’enfants. N’oubliez pas que vos mots ont du pouvoir : décrire le viol d’un enfant est-il vraiment important pour votre intrigue ? Ce meurtre est-il nécessaire pour faire avancer votre histoire ? Posez-vous les bonnes questions avant d’écrire. Le but, ce n’est pas de dégoûter votre lecteur avec un méchant qui n’a aucune limite.

De la même manière, je le répète : n’écrivez pas sur les maladies mentales si vous n’y connaissez rien. On parle souvent de psychopathes pour parler des méchants, alors que la maladie dépeint totalement une autre réalité. Un psychopathe ne tue pas par plaisir, il n’est pas non plus poussé par des pulsions meurtrières. Renseignez-vous sur le sujet, c’est la base de l’écriture. Il en va de même pour les sociopathes et tous ceux que vous considérez comme « fous ». N’oubliez pas également de mettre des trigger warnings/avertissements pour épargner les personnes atteintes de ces maladies et qui sont susceptibles de vous lire 🙂 Par ailleurs, si vous pensez qu’un sujet est susceptible de choquer, la mention d’un avertissement devrait être systématique. Pensez-y ! Encore une fois, les mots ont du pouvoir et les scènes de viols peuvent avoir bien plus d’impact dans l’entourage de vos lecteurs que vous ne le pensez.

Outre ces deux arguments basés sur le bon sens, il y a un autre problème récurrent chez les auteurs de méchants : le méchant qui redevient gentil. Dans l’article sur les nouvelles, je vous disais que terminer une nouvelle par « et il se réveilla dans son lit » est ridicule parce que ça annule tout ce que vous avez construit dans votre histoire. Et bah, ici, c’est le même schéma. Un méchant, c’est très dur à construire, c’est un personnage super-complexe qui nécessite de la réflexion et une bonne gestion de l’évolution du personnage. Ainsi, faire évoluer votre méchant, vous aménera forcément à une confrontation avec le héros, où on arrive souvent à trois résultats : le héros gagne, le méchant gagne ou le méchant meurt. La tension dramatique est censée être à son paroxysme à ce moment-là. Ainsi, si le méchant décide soudainement de changer de bord, il y a de quoi totalement déstabiliser le lecteur et faire perdre toute crédibilité à votre histoire parce que vous ruiner possiblement toute l’intensité dramatique du moment. De plus, rendre le méchant gentil peut passer comme le fait que l’auteur n’assume pas son personnage, ce qui est très, très dommage. Néanmoins, dans certains cas, cela peut être justifié. Mais c’est très rare quand ça fonctionne vraiment, donc si vous ne vous sentez pas encore tout à fait à l’aise avec votre méchant, je le déconseille.

Sauf dans le cas de la parodie ou du texte humoristique, je déconseille également de donner tous les pouvoirs à un méchant. Lorsque vous donnez tous les pouvoirs à un personnage, ça crée automatiquement une Mary-Sue ou un Gary-Tsu. Bah c’est la même chose pour les méchants. S’il a tous les pouvoirs, il n’y a aucune raison pour qu’il ne gagne pas et donc votre intrigue perd totalement en crédibilité 🙂 Usez des pouvoirs avec parcimonie, votre intrigue vous dira merci !

Je pense avoir fait un petit tour de ce qu’il y avait à dire. Un deuxième article sur le sujet arrivera peut-être dans quelques temps s’il y a encore des choses à traiter ! Le sujet est tellement vaste qu’il est difficile de tout dire en quelques lignes. J’espère en attendant que cet article vous a plu 😀 Je vous souhaite un joyeux Halloween et nous nous retrouvons dans la semaine pour une petite chronique ! Bisouilles !

 

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