[Inceptio] La déréliction de la chaussette trouée – Geoffrey Marchand

LA DÉRÉLICTION DE LA CHAUSSETTE TROUÉE
Geoffrey Marchand

Hey ! Aujourd’hui, on découvre la dernière sortie des éditions Inceptio ! Et pour changer, c’est encore un coup de génie ! Sorti le 11 décembre, ce petit roman dystopique est une jolie perle à découvrir d’urgence !

1. Le petit monde de Vincent

Dans un futur proche, un bulletin alarmiste est publié à l’attention de la population humaine : l’air est devenu irrespirable, tout le monde doit rester cloîtré chez lui le temps de la crise. Les années passent et la situation n’évolue guère. Enfermés dans leurs appartements, les habitants du duché ne vivent plus que par les ondes d’Internet qui leur permet de rester en contact avec les uns avec les autres. Tout y passe : les courses, les relations amoureuses, le travail…

Vincent est programmeur pour le duché. Il y vit une vie fade, uniquement pimentée par les remarques sarcastiques de son robot de compagnie, Léon. Tout juste sorti d’une relation amoureuse qui s’est mal passée, il écrit ses problèmes de cœur sur un blog, sa seule distraction entre les murs poussiéreux de son appartement. En effet, pour lui, sa vie est toute tracée : il vivra cette vie nulle jusqu’à sa mort, mais au moins, il ne pourra rien lui arriver de fâcheux.

Enfin le croyait-il. Son quotidien est dramatiquement bouleversé par l’annonce de la mort d’un de ses cousins. Même si Vincent ne le connaissait pas, étant de la famille, c’est à lui que revient la tâche de trier les fichiers de son cousin. Et c’est là, caché à la fin d’un film porno, qu’il trouve un message étrange qui va l’entraîner dans une aventure qu’il n’avait pas prévu.

Cette petite dystopie humoristique est disponible depuis le 11 décembre aux éditions Inceptio ! Vous pouvez l’acheter sur le site de la maison d’édition, en format broché et numérique : CLIQUE ICI !

2. Une dystopie aussi drôle que dérangeante

J’ai adoré cette lecture. Les dystopies aujourd’hui sont souvent assez sombres et violentes, trop centrées sur les problèmes qu’ils dénoncent et avec des personnages qui se prennent trop au sérieux. Eh bah, ici, c’est totalement le contraire. Geoffrey Marchand vous entraîne dans un monde totalement décalé, avec des situations très inattendues et inédites, et des personnages hauts en couleurs. J’ai pris grand, grand plaisir à lire ce livre que j’ai dévoré en seulement quelques heures. Parlons un peu des détails.

Pour commencer, le titre est assez étrange et pourrait rebuter au premier abord. Pour ma part, il a piqué ma curiosité, puisque ces longs titres, on les trouve davantage sur des ouvrages scientifiques (le traumatisme des théories littéraires, si vous saviez). Sauf que voilà, le « chaussette trouée », il est quand même génial. Le titre est en réalité un coup de génie et prend tout son sens au moment pivot du livre, que vous découvrirez en courant l’acheter.

Ensuite, j’aimerais parler du style de l’auteur. Il est ouf. Genre, juste ouf. On passe du rire aux questionnements philosophiques en quelques secondes, tout est super fluide et assez complexe à la fois. Mais le plus gros, gros atout du texte, ce sont les comparaisons. Elles m’ont tuée, littéralement. Si vous aimez les surréalistes et leur manie à comparer des choses randoms à d’autres choses randoms qui n’ont rien à voir, vous allez adorer voir ce phénomène se reproduire ici avec des références contemporaines. Il y en a une dans le résumé du livre d’ailleurs : « Les portes des immeubles sont scellées, tel l’entrejambe d’une chrétienne prémaritale. » Je pense que ça vous donne la couleur xD Le style cynique et moqueur de l’auteur est totalement approprié et donne un décalage à l’intrigue qui devient de plus en plus drôle au fil des lignes.

J’ai eu également un énorme coup de cœur sur l’univers de l’auteur. Le côté dystopique est hyper original et très, très bien trouvé, à l’heure de la cyber-dépendance. Ça donne l’occasion de pointer du doigt quelques mécanismes polémiques du web (ça m’a beaucoup rappelé la course à la popularité Wattpad -omg elle trashtalk tuez la-), avec par exemple un système de notation des gens, ce qui permet d’avoir de meilleur choix de relations amoureuses, puisque les meufs s’intéressent pas aux mecs « bas de gamme ». Dans la même veine, il y a le personnage du Duc, le gérant du Duché, qui cache bien son jeu. J’ai adoré ce personnage, mi-figue, mi-raisin, avec lequel le lecteur ne sait pas trop quoi penser.

Le traitement des sujets « tabous » est également excellent, avec de la dénonciation pas trop trash et de la banalisation de sujets qui ne devraient même pas faire polémique, comme la pornographie ou l’homosexualité. Il y a plein de messages dont la portée peut être plus ou moins comprise selon ce que vous connaissez du monde. J’ai pris pour ma part un grand plaisir à les découvrir !

Le personnage de Vincent, ensuite, c’est aussi une énorme réussite. En un chapitre, je me suis directement attachée à lui. C’est ce genre de personnage au centre de l’intrigue, mais qui est là complètement malgré lui. Il est un peu le relai du lecteur, coincé dans un bordel monstrueux qu’il ne contrôle absolument pas sans savoir comment il va pouvoir s’en tirer. On finit par avoir peur pour lui, en vrai, on finit surtout par avoir envie de lui faire un câlin parce que c’est pas vraiment lui qui a voulu tout ce qui se passe. C’est un cas génial d’anti-héros, très agréable à suivre et à découvrir.

En bref, ce livre est une petite pépite que je vous invite grandement à découvrir. L’écriture, l’intrigue et les personnages sont bourrés de charme et on ne s’ennuie pas une seconde ! Il y a un potentiel de ouf pour cet auteur et je l’encourage grandement à se lancer dans l’écriture d’autres bouquins, j’ai trop hâte d’en voir plus !

3. Un petit extrait ?

Avec une note de 3,6/5, Vincent était en bonne route pour trouver ce que tout homme recherchait : l’amour. A défaut de quoi, il lui fallait pour l’instant se contenter de compagnie, offerte par le grincheux Léon.

Seulement, l’amour n’était pas si facilement accessible. L’air devenu nocif, les gens travaillaient, passaient leur vie chez eux. Et, surprenamment, les jeunes filles ne défilaient pas devant la porte de Vincent.

C’est pourquoi avait été instauré un large réseau de sites de rencontre où, pour ne pas perdre le précieux temps productif de chaque codeur, le duché avait mis en place un système de notation sur cinq points. Chaque accomplissement, chaque félicitation de ses supérieurs faisait gonfler la note, et chaque capotage conduisait à une baisse. Vincent était à 3,6, un score plus qu’acceptable pour son âge, mais cependant insuffisant, encore, pour trouver une compagne. Les filles regardaient rarement les hommes de moins de 3,8, et il lui faudrait attendre encore de longues années avant d’être sous le feu des projecteurs.

Mais Vincent avait foi. Le monde qui l’entourait était plein de promesses.

Merci d’avoir lu ce petit article ! A bientôt pour de nouvelles découvertes, des bisouilles !

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