GRAINES D’AUTEURS – Avilinel

GRAINES D’AUTEURS – AVILINEL

Plop ! Cela faisait un moment que je n’avais pas fait d’interviews, par surdose de travail, principalement. Mais quoi de mieux pour terminer cette année 2018 que la découverte d’une nouvelle autrice ? On découvre aujourd’hui Avilinel, autrice numérique de fantasy !

SON COMPTE WATTPAD

Coucou Avilinel ! Présente-toi à nos lecteurs ! Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Quand et comment s’est manifestée cette passion pour l’écriture ?

Je m’appelle Justine, j’habite à Paris et j’ai bientôt 26 ans. Je suis une jeune femme épanouie dans tous les domaines pour le moment, surtout depuis que j’ai repris l’écriture grâce à Wattpad. J’écris depuis que je suis toute petite. J’ai commencé à griffonner vers mes 8-9 ans, puis je m’y suis vraiment mise à mes 11 ans en écrivant un livre Fantasy, très bébé et très innocent, bourré de fautes d’orthographe. Il faisait 200 pages et j’en étais très fière ! ( Il n’y avait pas de quoi, mais bon). Plus tard j’ai continué avec un roman Fantastique, une sorte de remake du film “The Others”, que j’ai terminé aussi. J’ai ensuite enchaîné avec plein d’histoires jamais terminées.

J’ai toujours eu besoin d’écrire. Je ne sais pas pourquoi, sûrement que les tonnes de livres que je dévorais (et dévore toujours) ont nourri mon imagination d’enfant et d’ado. Les retours et les encouragements que j’avais de l’extérieur me boostaient aussi. Bien que je n’ai jamais fait lire un de mes “livres”, mes profs de français de la 6 ème jusqu’au Bac lisaient mes rédactions en salle des profs, me faisaient de super retours (sauf sur l’orthographe…), une a même pleuré en lisant une de mes rédactions traitant de l’absence du père (purement inventée, non vécue je précise). J’ai cartonné au Bac de français sur l’écriture d’invention ; bref, j’ai aussi continué à écrire parce qu’on m’encourageait, et j’ai développé plus grande un amour et une admiration pour les auteurs classiques comme Zola, Maupassant etc… et l’écriture en général.

Tu souhaitais nous présenter Evangélion, un roman en cours d’écriture. Qu’est-ce que ça raconte ? Quelle est l’origine de ton projet ?

Evangélion nous plonge au cœur d’un monde noir et torturé, dominé par un homme qui ne semble plus vraiment en être un. Bien que le livre parle des aventures de Lilium, son histoire ne prend vie que sur une toile de fond bien plus complexe et qui la dépasse : une déesse à l’agonie et bafouée, une malédiction qui sévit toutes les nuits, et la lueur d’un espoir de renouveau qui brille dans l’obscurité.

Ce livre parle de la lutte du bien contre le mal. Classique, magnifique. C’est un thème que j’adore et qu’on retrouve dans beaucoup de livres, même classiques (Le Horla, La Bête humaine) ! La lutte du bien contre le mal est présente partout dans nos vies, la fantasy permet juste de lui donner une dimension plus puissante, vibrante et imagée. Par exemple, dans Evangélion, les deux entités sont volontairement et clairement représentées par le noir, les ténèbres, et la lumière. Le pouvoir de Lilium est de manipuler la lumière d’Evangélion, la Déesse, la seule chose capable de terrasser les Ombres, des créatures maudites, fruit de la trahison et de l’avidité.

Mais, et c’est ce que j’aime dans mon livre, on se rend compte au fil des chapitres qu’il n’y a pas de vrais méchants ou de vrais gentils : seulement des âmes malmenées et qui évoluent de manières différentes. L’antagoniste de l’histoire s’inscrit dans cette voie, c’est un personnage complexe qui nous tiraille vers le “oh le pauvre” et le “oh le connard sérieux !”.

J’aborde aussi à travers Lilium le sentiment d’impuissance face à son destin qui se trace sans qu’on puisse intervenir. Lilium n’est pas l’héroïne classique qui du jour au lendemain maîtrise son pouvoir surpuissant, accepte volontiers d’être l’instrument d’une prophétie au péril de sa vie, non. Tout au long du livre, elle subit, est traversée par des doutes intenses, des moments de résignation, de colère, de joie… C’est compliqué pour elle d’accepter ce qui semble être sa destinée. J’ai bien dit semble, car ce que j’adore aussi dans les romans, outre les personnages torturés et tourmentés, ce sont les rebondissements !

Ce projet, je ne sais plus exactement quand j’ai commencé à le modeler. Vers mes 16-17 ans, je pense. C’est un condensé de plusieurs choses, vraiment. De livres, de rêves, de musique (la musique m’inspire énormément), de passions, de jeux vidéos, de légendes… Toute mon adolescence, je l’ai passée dans une partie de mon intimité où j’avais une passion pour le fantastique, la magie, la fantasy, le gothique (sans l’avoir été), la religion, mes peurs, le bien et le mal… Evangélion est vraiment le fruit de tout ce que j’aimais.

Les malédictions sont un schéma que l’on rencontre assez souvent en fantasy. Pourquoi as-tu choisi de le traiter ? Comment l’as-tu réinventé ? Plus généralement, selon toi, pouvons-nous réinventer tous les “clichés” ? Comment ?

Tout comme le bien et le mal, la malédiction a, je trouve, une puissance profonde et transcendante. C’est quelque chose contre lequel tu ne peux pas lutter, quelque chose qui trouve naissance dans un acte négatif, c’est la conséquence d’une chose.

Là où je pense l’avoir réinventée, c’est justement dans son origine, dans le “pourquoi la malédiction est arrivée” . Dans mon livre, la malédiction est la naissance des Ombres à chaque coucher de soleil. Le monde vit opprimé dès que le soleil disparaît, la lumière laisse place à l’obscurité, la vie à la mort. Au début, on déteste les Ombres; puis, au fil des chapitres, on ne peut plus les détester. On les pleure, on les plaint. Encore une fois, c’est le thème du “ rien n’est tout blanc et rien n’est tout noir”.

Réinventer les clichés? Je ne sais pas. On s’en fiche, est ce vraiment important ? Ce qui est important c’est d’avoir une histoire à raconter, quelque chose à dire. Qu’est ce qui est vraiment original de nos jours ? Tout n’est que clichés fait à la sauce de l’écrivain, du réalisateur, du concepteur. Tout dépend aussi de l’époque. De nos jours, Le Seigneur des Anneaux n’a rien de radicalement novateur. Mais à l’époque de son écriture, si, clairement.

Je pense qu’on est attaché à certains clichés (moi avec ma lutte bien et mal, mes malédictions par exemple), et qu’on peut écrire en s’en servant de trame, tout en y mettant son grain de sel, son cœur. Tout prend appui sur un cliché. Quand on casse un cliché ou un code, on prend appui dessus !

Créer tout un univers de fantasy est parfois compliqué. As-tu fait un travail de recherche en amont pour le créer ? Si oui, combien de temps cela a-t-il pris ? Peux-tu nous décrire les différentes étapes de sa conception ? Quelles sont tes sources d’inspirations pour ce monde ?

Oui, c’est très compliqué. Surtout quand on a le souci du détail. Moi je me stoppe des fois, je me dis “oh arrête c’est bon ! On s’en fout de savoir si les degrés d’écart de température sont plausibles en fonction de la distance entre deux pays !”.

En 8-9 ans, oui, j’ai eu pas mal de fois l’occasion de faire des recherches… Parfois très étranges ! “Combien de temps peut tenir un cheval au galop ?”, “ Comment on les faisait monter dans les bateaux ?”, “ De combien d’hommes est constituée une grosse armée?” ou “ Combien de temps peut marcher un homme sans s’arrêter ?” (gros problème pour moi cette question).

Combien de temps cela m’a pris ? Et bien, de mes 17 ans jusqu’à encore aujourd’hui ! Je suis sans cesse en train de réfléchir sur mon monde, sa politique, ses ressources, ses reliefs, ses coutumes…

Je ne peux pas décrire toutes les étapes, car cela remonte à trop loin. En revanche, tout a commencé avec la lumière. Une vidéo d’un jeu montrait une lumière verte et blanche se mouvoir, c’est étrange mais c’est ce qui m’a inspirée.

J’ai cru voir que tu étais aussi sur Scribay. De Wattpad ou Scribay, quelle est ta plateforme d’écriture préférée ? Pourquoi ? Quels sont les défauts et les avantages des deux plateformes ?

Elles sont très différentes.

Scribay regroupe plus d’avis “matures” mais aussi beaucoup de gens à la grosse tête qui pensent être sortis de la cuisse de Jupiter. Le système de partage de correction est intéressant, mais entre de mauvaises mains peut devenir ridicule. Sur Scribay, il y a plus d’écrivains que de lecteurs selon moi. Quand je naviguais sur le site, les personnes “populaires” avaient un nombre de lectures qui n’avait rien de mirobolant. Si tu veux être lu, tu dois lire. C’est donnant-donnant, et ce n’est pas ce que je cherche. Je déteste lire sur écran. Mais les avis sont intéressants. MAIS, ça casse pas cinq pattes à un alpaga!

Mon avis est peut-être faussé sur Wattpad parce que je n’ai pas du tout galéré à avoir des lecteurs pour Evangélion. J’ai fait un peu de pub, quelques échanges d’avis, quelques concours… Puis j’en ai eu marre et j’ai arrêté. Les lectures ont toujours été régulières (sauf une fois, rien pendant une semaine). Je trouve que Wattpad possède des personnes qui ne sont là QUE pour lire. Après, on a peu de retours. Mais cela ne me dérange pas, car j’en ai à l’extérieur et que je compte prendre les services de relecteurs. Car un des défauts de Wattpad, c’est qu’il faut publier. On est lu et les gens attendent. Parfois, je publie un chapitre en sachant pertinemment que je vais devoir le retravailler plus tard, par exemple.

 L’inconvénient de Wattpad sont les nanards qui y circulent. C’est compliqué de trouver des choses de qualité dans la masse ! Les vues et les votes ne sont pas des indicateurs, alors c’est un peu au petit bonheur la chance quand on est lecteur.

Wattpad est celle que je préfère, car c’est ma petite communauté de lecteurs qui m’aide à continuer. Je ne suis pas autodidacte, il faut être derrière moi ! =)

Tu as créé un groupe Facebook autour de ton univers. Qu’est-ce qu’il t’a apporté en tant qu’auteur ? Bonne ou mauvaise idée ?

Rien. Ce fut une mauvaise idée. Il vaut mieux ne pas s’éparpiller et se concentrer sur l’écriture tant que le livre n’est pas terminé. J’ai lié des liens sur Wattpad, pas sur ma page Facebook.

Sur ton profil, il y a un autre texte portant sur la dépression, Amie. T’es-tu renseignée sur la maladie avant de te mettre à l’écrire ? Que penses-tu des auteurs qui véhiculent de fausses idées sur les maladies mentales par manque de recherches ? Selon toi, peut-on écrire une histoire sérieuse sans faire de recherches au préalable ?

Amie est un défi Scribay que j’ai écrit d’une traite. Je ne me suis pas spécialement renseignée dessus pour l’écrire, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressée donc j’avais des notions antérieures. Pour sa rédaction, je me suis inspirée des dessins de Haenuli, une artiste coréenne anciennement dépressive.

Il n’y a pas de règles dans le vécu de la dépression, du viol, de la maladie, du harcèlement, de l’avortement, de la mort… Chacun le vit comme il le vit, réagit comme il réagit. Faire des recherches empiriques oui, mais l’interprétation profonde et sentimentale ne se trouvera jamais écrite d’une pierre blanche quelque part. Il n’y a qu’à comparer comment Christine Angot et Sandrine Rousseau ont vécu leur agression sexuelle, comment untel a vécu sa rupture en se suicidant et un autre en faisant le tour du monde. Ce que je veux dire, c’est qu’on ne doit pas dire de bêtises sur le sujet, mais la profonde interprétation reste personnelle. On ne peut pas faire de réelles recherche dessus. Ce qui est important c’est de ne pas véhiculer de fausses idées.

J’ai vu également que tu participais à des concours d’écriture et que tu en as même remporté quelques uns. Peux-tu revenir un peu sur ces aventures ? Qu’est-ce que tu as aimé ? Qu’est-ce que tu as moins aimé ? Que penses-tu des concours d’écriture en général ? Moyen de se faire connaître ? Recherche de se prouver quelque chose ? Les concours que tu as remporté t’ont t-ils rapporté des lecteurs ?

Au début, quand je ne connaissais pas Wattpad, je trouvais ça génial. Et en fait, maintenant je trouve ça vraiment nul, et je n’en fais plus. Les concours sont fait par des personnes absolument pas légitimes pour juger un écrit. Ils lisent 3-5 chapitres et se permettent de juger l’entièreté de ton travail… Rien que cette phrase montre l’absurdité du truc. Si je prends ne serait-ce que mon livre, le cœur des rebondissements, l’âme de l’histoire, la profondeur des personnages se voient tout au long, pas au cinq premiers chapitres. On a caricaturé mon méchant de “ méchant simplet”. C’est le personnage le plus torturé et le plus complexe de l’histoire, mais pour le savoir, il faut aller au chapitre 30. Parfois, on fait exprès de faire croire des choses, pour ensuite tout renverser. Un concours ne peut pas juger cela.

Qui plus est, mon livre n’est pas terminé. C’est stupide de ma part de l’avoir inscrit à des concours.

Sans parler des organisateurs qui abandonnent après 6 mois de silence, parce qu’ils ont “une vie” (on en a tous il me semble ?). Ils se lancent là dedans de manière un peu candide selon moi. Je rêve d’un vrai concours, avec peu de participants et sérieux, pas des marchands de sommeil. Je le souhaite pas pour moi, mais pour Wattpad. Car tant que mon livre n’est pas terminé, je ne fais plus de concours.

Si tu étais un de tes personnages, lequel serais-tu ? Pourquoi ? Plus généralement, tes personnages ont-ils des points communs entre eux ? Quels messages cherches-tu à faire véhiculer à travers eux ?

Leur point commun à tous : Rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir; il n’y a que des nuances de gris !

Non plus sérieusement, leur point commun est qu’ils ont tous une blessure, un poids, et qu’ils ont tous évolués d’une certaine manière. Ils ont tous un objectif profond, là pour une raison précise.

Mes personnages préférés sont Asben, le Fenhir et Lilium. Tous des âmes torturées en quête de paix.

Je pense que j’ai la gentillesse, la sensibilité et l’altruisme de Lilium, et le côté fougueux, extraverti, franc et piquant de Tanwen. Lilium est calme et réfléchie, ce que je ne suis pas malheureusement. Tanwen est un peu égoïste, je peux l’être mais pas à ce point. En fait, je réalise que ces deux filles possèdent toutes deux des parts de ma personnalité !

En fonction du personnage, je cherche à véhiculer des valeurs : de courage, de ténacité, d’honneur, de dévotion, de combativité ou bien le résultat d’un vécu. En fait, au risque de me répéter, je cherche à démontrer qu’on n’est pas ce qu’on est par hasard, que rien n’est clairement défini, qu’on peut avoir de la pitié pour tout le monde.

Ni de blanc, ni de noir, que des nuances de gris.

Pour le défi, donne deux mots à la personne qui passera après toi ! Elle devra les caser dans son interview.

Pour rester dans le thème : ombre et lumière

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions ! Et merci à vous, cher lecteurs, pour cette année de folie. On repart de plus belle l’année prochaine, avec plein de nouveaux articles et de nouvelles idées. Entre autre, je vais essayer de vous dégoter quelques interviews d’éditeurs et d’auteurs édités et auto-édités ! En attendant, je vous souhaite à tous un bon réveillon du Nouvel An, une bonne année et je vous dit à très bientôt !

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