La licence de Lettres Modernes et la vie universitaire

LA LICENCE DE LETTRES MODERNES ET LA VIE UNIVERSITAIRE

Hey ! Vous avez été nombreux à me demander des informations sur la licence de Lettres. Puisque ParcoursSup va bientôt ouvrir ses portes, il est plus que temps de rédiger un article dessus. Je suis pour ma part en fin de troisième année de licence de Lettres Modernes à l’Université d’Artois, à Arras, donc j’ai plutôt un bon angle de vue 😀

C’est l’occasion pour moi de vous souhaiter une bonne année 2019 ! J’espère qu’elle sera plein de réussite et de projets ambitieux !

1. Qu’est-ce qu’une licence ?

yafjxosToi, quand tu as appris que tu devais choisir ton avenir avant janvier.

Une licence est un diplôme qui s’effectue sur trois années et qui vise à acquérir des compétences universitaires sur un sujet donné. Les cours sont spécifiques à chaque parcours et ne s’en éloignent (généralement) pas, contrairement aux classes préparatoires qui sont plus générales. La licence peut ensuite ouvrir les portes aux Master (puis Doctorat pour les plus courageux) et à diverses grandes écoles sur concours, dont plusieurs sont préparés en cours lors de la troisième année. La licence assure des études longues, très peu de personnes s’arrêtent après l’obtention du diplôme (à l’exception des licences professionnelles, basées sur ce principe), il est conseillé d’aller au minimum jusqu’en Master 1 pour s’assurer de bonnes chances dans le futur.

Les candidatures pour entrer en licence se font via ParcoursSup. En général (sauf licences spécifiques ou explosion du nombre de candidatures comme l’année passée), le nombre de places n’est pas vraiment limité. Si vous avez votre Bac, vous êtes quasi-certain d’être pris. Je vous conseille personnellement de mettre au moins une licence dans vos vœux en roue de secours pour vous assurer une école. Vous pouvez toujours changer de cursus à mi-parcours ou en fin d’année, et ce n’est pas du tout difficile de le faire dans la majorité des cas. Pensez-y !

Les formations universitaires cherchent en général à donner des connaissances théoriques approfondies sur le sujet qui vous intéresse. Ce n’est plus comme au lycée : vous allez en cours parce que vous aimez ce que vous étudiez, sinon, ça ne sert pas à grand chose. Vous allez aussi vous former à de gros exercices de rédaction, à savoir le commentaire composé et la dissertation, qui sont généralement la base de toutes les licences (sauf celles plus particulières qui axent le travail sur la pratique et qui sont rares).

Les cours se présentent en deux semestres : un de (généralement) mi-septembre à fin décembre, et un de (mi-)janvier à avril-mai-juin-juillet selon les écoles. Les évaluations se basent désormais sur le système d’ECTS, qui sont des points à obtenir en fonction des matières que vous avez. On va pas se mentir, en général, on s’en bat les couilles des ECTS, il faut juste retenir que vous devez avoir minimum 10/20 par semestre pour valider votre année. Le truc intéressant, c’est que beaucoup d’universités vous permettent de compenser vos points entre les cours (qui sont souvent rassemblés en catégories) et entre les semestres. Ainsi, si vous avez 8 au semestre 1 et 12 au semestre 2, vous avez quand même votre année. Certains visent les mentions, mais on va pas se mentir non plus : elles servent absolument à rien sauf si vous visez un Master ou une école très sélective.

Le débouché principal d’une licence est l’enseignement et la recherche, ça non plus, on va pas se le mentir. Plus de la moitié des étudiants qui rentrent dans les licences « classiques » (Lettres – Histoire – Langues) veulent être profs plus tard. La seule qui échappe à ça, c’est la licence de Droit. Au début, ils veulent tous devenir avocats, ahah. Mais ne vous inquiétez pas, beaucoup de licences proposent des parcours très spécifiques à partir de la deuxième ou troisième année de licence pour vous spécialiser dans un domaine que vous aimez, et bonne nouvelle : on ne trouve pas que de l’enseignement au programme !

2. Lycée vs. Université : quelles différences ?

giphyToi, qui découvre que tu t’es (encore) trompé.e de salle de cours.

Il y a énormément de différences entre le lycée et l’université, et il faut bien les avoir en tête dès le début pour ne pas être larguer lors de votre rentrée.

Premièrement, vous n’êtes plus considérés comme des enfants. Cela peut-être vu comme un avantage la première semaine, mais on se rend vite compte qu’être couvé par ses professeurs, c’était plutôt bien en fait. On vous lâche dans le grand bain, plus personne ne vous tient la main. On dit souvent que le premier semestre sert de transition : les profs vous accompagnent en général jusqu’aux vacances de la Toussaint, et après ils vous abandonnent littéralement dans votre caca. Cela veut dire qu’ils s’en fichent si vous faites vos devoirs, ils s’en fichent si vous êtes pas en cours, ils s’en fichent si vous trouvez pas la salle de cours, ils s’en fichent si vous rattrapez pas les cours, ils s’en fichent aussi si vous êtes pas là lors de l’examen et ils n’hésiteront pas à vous mettre un zéro, même si vous vous êtes cassé une jambe en sautant de votre balcon pour échapper aux partiels. Mon premier semestre de Fac a été l’un des plus stressants de ma vie, j’en garde de très bons souvenirs, comme vous pouvez le voir, ahah.

Plus sérieusement, bien sûr, ça n’a pas que des mauvais côtés. Cette prise de liberté vous permet aussi de souffler un coup après dix-huit années de biberonnage de professeurs et d’apprendre à vous débrouiller par vous-même. Les emplois du temps ne sont (en général) pas non plus très chargés, ce qui vous permet de bien profiter de la vie (du moins jusqu’aux partiels…). C’est aussi l’occasion de tenter de vivre par vous-même, en quittant Papa et Maman si vous partez étudier loin. C’est aussi la belle époque des réductions étudiantes, où tout est moins cher sous prétexte que vous « souffrez » en cours, eheheh.

Et bien sûr, beaucoup peuvent aussi tenter d’avoir les fameuses bourses universitaires qui vous sauvent la vie à de très nombreuses reprises, même à l’échelon 0 bis. Je peux vous dire qu’on les attends de pied ferme les 100,90 euros du mois. N’hésitez pas à les demander, même si vous y avez pas le droit au lycée. Les critères universitaires sont plus larges. Vous pouvez aussi demander des aides au logement pour ceux qui décident de s’installer en cité universitaire ou en colocation. Tout se trouve sur le site du CROUS de votre région, n’hésitez pas à y faire un tour pour vous renseigner !

Vous allez aussi pouvoir expérimenter la vie dans des locaux énormes (mais pas souvent bien entretenus, rip le chauffage), composés de nombreux bâtiments. Veillez donc à apprendre par cœur le plan de votre Fac avant de vous lancer dans le grand bain. Lors des premières années, vous allez aussi avoir pas mal de cours en amphithéâtres (si votre Fac en a, bien sûr), où le prof fait cours sans se préoccuper de vous. Apprenez donc à prendre des notes rapidement afin de ne pas être largué. Certains profs sont souvent habités par la flamme de la passion et il y en a qui parlent très, très vite. Entraînez-vous avec des cours trouvés sur Internet pendant les vacances, c’est plus dur que ça en a l’air. La plupart des cours se font de cette façon, de toute manière, ne l’oubliez pas !

Enfin, la vie universitaire ne se résume pas aux cours. Beaucoup de Fac proposent des soirées, des sorties, des « clubs », des spectacles. N’hésitez pas une seconde à aller découvrir tout ça. C’est pour vous et ça forge votre culture ! N’oubliez pas non plus les associations étudiantes. Si vous voulez un premier vrai contact avec la politique, par exemple, n’hésitez pas à vous engager dans l’une d’elle. Ils sont toujours à la recherche de bonnes idées !

3. La licence de Lettres Modernes

tenorQuand tu finis d’apprendre toutes les figures de style la veille du partiel.

Passons aux choses sérieuses ! Si vous êtes ici, c’est avant tout parce que vous vous intéressez aux Lettres Modernes ! Il y a beaucoup de fausses idées reçues sur cette licence. Beaucoup d’auteurs amateurs un peu rêveurs pensent naïvement qu’ils vont avoir des cours d’écriture, par exemple, alors qu’ils sont ultra-ultra-minoritaires, voire inexistants dans certaines facultés.

Pour commencer, on trouve deux principaux parcours au niveau des Lettres : les lettres classiques et les lettres modernes. La seule différences entre les deux, vraiment, c’est que la littérature classique prend plus en compte le grec et le latin que les lettres modernes (où le latin n’est parfois plus obligatoire à partir de la L2), en particulier au niveau de la littérature comparée : la littérature classique a plus tendance à traiter de thèmes antiques. Mis à part ça, on retrouve globalement les mêmes types de cours. Certains parcours associent aussi les lettres avec l’histoire et/ou le droit. C’est un mélange intéressant, pour ceux qui veulent des cours plus généralistes, mais c’est aussi plus de travail, puisque vous êtes souvent en cours avec des étudiants de chacune de ces matières qui ont l’ensemble des matières du droit, de l’histoire ou des lettres, avec parfois des références à des cours que vous n’avez pas. Je vais pour ma part me concentrer sur les Lettres Modernes, puisque c’est le parcours que je connais le mieux.

Pour les acquis de base, il ne faut pas s’inquiéter : vous pouvez venir d’absolument tous types de Bac, même si un Bac L est bien sûr plus complet pour avoir des bases d’histoire littéraire. Même si l’épreuve de la philosophie fait très peur au Bac, cassons le mythe tout de suite : elle ne sert absolument à rien en Lettres Modernes. Au mieux, vous croiserez de temps un autre un texte de philosophe en criant « Oh je le connais lui ! », mais c’est tout. La licence reprend les bases de A à Z afin de vous remettre tous au même niveau la première année, pour vous donner les meilleures chances, donc n’ayez crainte si vous ne maîtrisez pas bien le commentaire composé et la dissertation (d’ailleurs, même après trois ans, très peu de gens savent rédiger de dissertations correctement, elle n’est presque jamais traitée, exactement comme au lycée).

La seule base solide que vous devez avoir pour entrer en licence de Lettres Modernes, c’est le goût de lire des textes classiques et des livres de théories littéraires. Vous allez en bouffer des dizaines sur vos trois ans de cours, autant vous habituer à l’idée tout de suite. Plus vous en lisez, plus vous avez de chance de réussir votre année. C’est la base de la licence. Si vous n’aimez pas lire, vous n’irez pas très loin en licence.

Pour ce qui est des cours, la première année est surtout consacrée à un gros rappel des bases. Les cours différent pour chaque université, mais les thèmes restent les mêmes : histoire littéraire de l’antiquité à aujourd’hui, études des genres littéraires, de la stylistique (étude du style), de la grammaire et de la linguistique (étude de la langue), apprentissage du commentaire composé et de la dissertation, une langue vivante, une langue morte, et quelques cours spécialisés (par exemple littérature européenne dans ma Fac, ou l’étude de la culture antique, en dehors des textes), un cours d’informatique, et parfois un cours d’écriture ou de théâtre si vous êtes chanceux.

La plupart de ces thèmes, vous les retrouverez les deux années suivantes sous une forme plus allégée ou sur des points plus précis, notamment en littérature comparée et en littérature française, qui étudient des œuvres dans leur intégralité. A ces cours s’ajoutent parfois des thèmes plus pointus, comme l’apprentissage de la formation de la langue, avec de l’ancien français. Plus vous avancerez dans votre cursus, plus vous allez étudier des thématiques précises.

Comme je suis gentille, j’ai réuni plein d’emploi du temps PAR ICI pour que vous puissiez vous faire une idée des cours proposés dans différentes Fac. J’ai aussi le tableau des modalités d’examens de ma Fac PAR ICI, si vous voulez voir un peu comment se présentent les cours et les notations, qui sont en contrôle continu chez moi.

Dans la plupart des cas, vous avez l’occasion de choisir un parcours spécialisé à partir de la L2. Ma Fac, par exemple, en proposait trois : enseignement (qui se divise en L3 selon si vous voulez enseigner en primaire ou en collège-lycée), documentation (qui touche aux métiers de la bibliothèque et de l’édition) et cultures numériques (qui touche à la rédaction web et à l’étude des phénomènes littéraires du web, avec des morceaux de communication).

Je suis en Cultures Numériques pour ma part. Malheureusement, le parcours ferme ses portes cette année, faute de participants, et j’avoue que ça me rend très triste. Comme je le disais en première partie, beaucoup préfèrent se diriger vers l’enseignement, les autres doivent souvent se rabattre sur ce qu’il y a. C’est dommage pour Cultures Numériques, puisque c’était vraiment une super expérience, avec des profs au top, une bonne ambiance (en même temps, on était huit ahah) et on faisait beaucoup de rédaction pratique, loin de la théorie qui ne m’intéresse pas plus que ça pour la suite. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas hésiter à tester des choses différentes, l’enseignement est souvent un choix par dépit, mais les débouchés sont rarement concluants, c’est pour ça qu’il y a toujours de la place dans ce milieu là, par ailleurs.

Au niveau de la difficulté des cours, il ne faut pas s’en faire : on s’y adapte très rapidement. Une fois que vous avez compris comment analyser un texte, ça coule de source ! Pour ma part, c’est clairement les meilleures années que j’ai passé et j’espère qu’il en sera autant pour vous. De toute façon, si vous êtes perdus, il ne faut pas hésiter à demander conseils à des étudiants de L2 ou L3 ! Le plus souvent, s’ils ont été jusque là, c’est qu’ils ont chopé eux aussi la flamme de la passion et qu’ils aiment ce qu’ils font. Je suis pour ma part totalement ouverte à toutes questions sans problèmes, donc n’hésitez pas à venir toquer dans mes messages privés si vous avez besoin de conseils ou des questions supplémentaires concernant la licence, ce sera avec plaisir !

Enfin, bien sûr que oui, il y a des débouchés, il y en a même plein : enseignement, recherche, journalisme, métiers liés à la culture, métiers du web, métiers de l’édition, métiers de la communication, métiers des bibliothèques et librairies, métiers liés à la correction, la linguistique, la traduction, l’enseignement du français à l’étranger ou pour les étrangers, … Il suffit de se renseigner, on peut pratiquement tout faire ! Les Master ne manquent pas non plus, loin de là. Pour ma part, je vais essayer de poster ma candidature en création littéraire cette année, et même si j’ai peu de chances d’y entrer, j’y crois de toutes mes forces et je vais m’en donner les moyens ! N’abandonnez pas vos rêves, aidez-les à se concrétiser !

C’est tout pour cet article qui, je l’espère, vous aidera à vous faire une idée plus précise de ce dans quoi vous mettez les pieds. Je le répète : je suis disponible pour toutes questions sur le sujet, n’hésitez surtout pas à venir les poser ! Il vaut mieux s’assurer mille fois de prendre la bonne route plutôt que de patiner pendant des années sans savoir où aller ! Des bisouilles et à bientôt pour de nouveaux articles.


Si vous êtes en licence de Lettres et que vous voulez partager votre témoignage, n’hésitez pas à me l’envoyer par Message Privé via l’onglet Contact !

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2 commentaires sur “La licence de Lettres Modernes et la vie universitaire

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