[Beta Publisher] Le Millième Pin – Florie Darcieux

LE MILLIÈME PIN – FLORIE DARCIEUX

Bonjour ! Désolée de cette petite irrégularité au niveau des articles en ce moment, je suis dans la dernière ligne droite pour ma licence et je galère un peu pour jongler entre les dossiers et l’écriture. Quoiqu’il en soit, on se retrouve cette semaine pour une nouvelle chronique sur le dernier bébé des éditions Beta Publisher !

1. Une quête de la vérité

Eddie et son père vivent l’enfer depuis que ce dernier a tué Elise Devaux, issue d’une famille à l’influence importante dans son village perdu des Landes, dans un accident de la route. Alors que lui clame son innocence, les habitants se placent plutôt du côté des Devaux : peu à peu, tout la ville leur tourne le dos, les contraignant à un isolement de plus en plus dur à supporter pour Eddie. 

En effet, le départ de sa mère, disparue quelques années plus tôt sans laisser de traces, a été une expérience suffisamment traumatisante pour qu’elle puisse se permettre de perdre son père à son tour. Elle décide d’enquêter sur l’accident envers et contre tous. S’il y a encore une chance d’aider son père à s’en sortir et de retrouver sa vie d’avant, elle le trouvera.

Dans cette entreprise risquée où les problèmes s’enchaînent, et avec l’aide de Tatie Milie, sa grand-tante, et Bastien Bertin, un étrange garçon tout juste débarqué en ville, Eddie ira de découvertes en découvertes. Peux-t-on vraiment se fier uniquement aux faits ?

Le roman est disponible en version papier et numérique depuis le 18 mars ! Vous pouvez le retrouver sur le tout nouveau site qui pète la classe des éditions Beta Publisher ! J’en profite également pour vous signaler que l’autrice est également sur Twitter, à @TwitorTwix si vous voulez lui faire parvenir vos retours !

2. Rififi et origamis

Je n’étais pas censé lire ce livre à la base, mais le Livre Paris m’a fait changé d’avis. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez pu voir que je suis allée enfin rencontrer l’équipe Beta Publisher pour de vrai, et c’était trop bien, et j’ai juste pas résisté parce que de toute façon, aucun de leur livre ne m’a déçue jusqu’à présent et je voyais pas pourquoi ça serait différent. Et puis je suis la première dédicace de Florie, donc ça vaut totalement le coup !

Bref, pour changer, ce nouveau petit roman a été un gros coup de cœur. J’ai toujours beaucoup de mal à lire des textes réaliste, mais je me suis laissée portée par l’intrigue et au final, j’ai dévoré le livre en quelques jours à peine.  Le style d’écriture est très fluide et super poétique par moment, j’ai eu aucun mal à me plonger dans les aventures d’Eddie, une jeune femme caractérielle et très motivée, qui a décidé d’être un aimant à problèmes dans sa vie de tous les jours et elle le fait bien.

L’intrigue, pour commencer, est très bien ficelée. On mélange ici à la fois le policier et le Young Adult, sans que l’un des deux ne prennent vraiment le dessus. Déjà, il n’y avait pas de romance, et je trouve que c’est un très bon point, vu que je trouve que c’est une facilité scénaristique deux fois sur trois. L’équilibre des deux thèmes est parfait, les scènes un peu de la vie de tous les jours sont bien séparés de la partie enquête, ce qui permet au lecteur de savoir quand le livre doit être pris très au sérieux et quand il peut souffler entre deux passages compliqués. Bah oui, c’est du Beta Publisher, donc ça vient avec un bon gros lot de drama, vous vous en doutez.

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Et pour le coup, du drama, il y en a partout. Vous allez de révélations imprévisibles en révélations imprévisibles, et juste quand vous croyez toucher au but et que vous vous dites « Bon, ça peut pas être pire, pas vrai ? »… Eh bah, devinez quoi, si, c’est possible que ce soit pire. Il y a aussi des passages avec une très forte intensité émotionnelle. Ici, pas de chichis, on vous claque la vie comme elle l’est : bien crade.

J’ai énormément apprécié le soucis porté au détail pour rendre le texte encore plus vraisemblable. Typiquement, rien que le fait que l’isolement des personnages principaux est mis en scène avec de nombreuses références qui le montre, je trouve ça génial. Il y a aussi toute l’histoire des origamis de Bastien que je ne vous spoile pas mais qui apporte une dimension poétique au texte. J’ai aussi beaucoup aimé toutes les références culturelles qu’on retrouve à droite à gauche et qui contribuent elles-aussi à augmenter le réalisme de l’intrigue.

Je l’ai déjà dit un peu plus haut, mais le style d’écriture est excellent. On a plutôt l’habitude d’un registre moins soutenu en Young Adult, mais au final, il se marie super bien avec l’ambiance du texte. C’est du super travail, et on sent aussi l’énorme travail de recherche qu’il y a eu derrière, notamment sur les lieux en toile de fond. On a un peu l’impression d’être pris par la main pour découvrir des endroits perdus qu’on a pas l’habitude de voir, et c’est une très bonne chose, ça change de ce peut lire habituellement.

Enfin, les personnages, ce sont les gros atouts du texte. Ils sont super complexes et il ne faut absolument pas se fier à la première impression qu’on a deux. Au départ, ils donnent l’impression d’être très manichéens, mais plus on avance, plus on se rend compte que l’autrice nous a totalement berné et que c’est infiniment plus complexe que ça. J’ai adoré tous les personnages sans exception, et c’est très rare. Ils sont tous super bien travaillés et c’est trop dur d’en choisir un qu’on aime plus que les autres.

Dans les personnages notables, il y a bien sûr Eddie, personnage principal. J’ai beaucoup aimé sa force de caractère et son développement tout au long de l’histoire. Elle a beaucoup de ressources et on en apprend un peu plus sur elle à chaque chapitre. Il en va de même pour le personnage de Bastien, qui se révèle très, très différent entre la première fois qu’on le découvre et la fin. C’est un des personnages à l’évolution la plus surprenante, je m’attendais pas du tout à le voir partir vers cette direction. J’ai aussi été très surprise par Martial Devaux, qui lui aussi cache bien son jeu.

Mais le meilleur personnages, c’est juste Tatie Milie. J’adore les vieilles dames en littérature, c’est toujours des grands moments. Elle apporte une grosse boufée de fraîcheur dans l’atmosphère un peu sombre du moment. Entre ses commérages, ses manies, son sale caractère, elle a vite réussi à me séduire. Elle est juste absolument géniale.

En bref, c’est un très bon roman qui se révèle avoir différents niveaux de lectures et différentes intrigues imbriquées les unes dans les autres. Le style est bon et mélange très facilement le récit Young Adult et les codes un peu répétitifs du policier, pour former un tout unique, improbable et poétique. J’ai beaucoup aimé cette lecture, ce fut une très belle découverte.

3. Un petit extrait ?

Chapitre 7

​Quittant des yeux mon père, j’aperçois les Devaux et leur avocat qui s’approchent eux aussi du président. Pas de témoin, simplement celui que je comprends être un médecin expert, certainement là pour présenter les résultats des analyses toxicologiques. Cette absence n’est a priori pas une surprise, quand on considère que l’accident a eu lieu sur une route parfaitement déserte. Mon père étant resté plus que discret, je n’ai pas pu suivre grand-chose de l’instruction, mais j’ai au moins compris qu’il n’y avait pas eu de grande révélation. Tant mieux si on en croit l’avocate, qui n’a eu de cesse de répéter à mon père que le doute devrait lui profiter. Du point de vue d’un innocent, j’ai toujours trouvé cela tout à fait insuffisant. Mais à cette heure, je suis sûre que nous nous en contenterions amplement.

​Tandis qu’Étienne Devaux et son avocat partent s’asseoir sur le banc le plus proche du Procureur, mon père est invité à s’approcher de la barre. Je ne sais pas si c’est moi qui y vois de plus en plus mal, mais je le trouve ridiculement petit, planté au milieu de tout ce décorum. Le président doit lui aussi avoir un doute sur son identité, car il commence par vérifier celle-ci à haute voix, date de naissance et patronyme des parents à l’appui. À l’énoncé du nom de sa sœur, les mains de Tatie Milie, posées bien comme il faut sur ses genoux, se crispent et agrippent le tissu de sa robe d’enterrement. J’espère qu’elle n’avait pas fait à sa cadette de promesse intenable sur son lit de mort, genre « tout y ira bien, je te le jure », parce que là c’est vraiment mal parti.

​En tout cas, Tatie Milie n’a pas ouvert la bouche depuis que nous sommes entrés dans la salle, ce qui est déjà un sacré exploit. Comme on s’apprête à entrer dans le vif du sujet, je sens sa respiration s’accélérer et se faire plus bruyante. Parce qu’il est hors de question qu’elle nous fasse une syncope et que nous manquions le moment que nous attendons depuis des mois, je pose ma main sur la sienne et nous restons toutes les deux suspendues aux lèvres du président, qui commence à interroger mon père.

Merci d’avoir suivi cet article jusqu’au bout, j’espère qu’il vous a plu 😀 Je vous souhaite une bonne fin de semaine et je vous donne rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles !

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