GRAINES D’AUTEURS – Damien Mauger

GRAINES D’AUTEURS – DAMIEN MAUGER

Vous vous souvenez de Damien Mauger et de son roman, Les Trois Gardes ? Moi oui, c’est même l’un, si ce n’est mon énorme coup de cœur de l’année dernière. Alors que le tome 2 sort très, très bientôt, on s’intéresse aujourd’hui à l’auteur dans une petite interview. Pour rappel, vous pouvez retrouver ma chronique du premier tome de la saga sur mon blog.

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Coucou ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Quand et pourquoi as-tu commencé à écrire ?

Déjà, bonjour à tous ! Merci pour cet interview. Je m’appelle Damien Mauger (nom de plume), je suis chercheur en histoire grecque, spécialisée en religion des époques archaïque et classique et plus encore des divinités Artémis et Hécate (mes sujets de mémoire). Je suis également professeur en histoire-géographie dans le Secondaire. J’ai commencé à écrire vers 11-12 ans, je dirais. Au début, ce n’était pas vraiment sous forme de roman mais plutôt des réécritures de scénario de jeux vidéo. Mon premier véritable roman a commencé à 16 ans ; ce n’est d’ailleurs pas la série qui actuellement se fait éditer, que j’ai débutée plutôt vers mes 19 ans où je voulais un récit plus sombre et beaucoup plus adulte, loin des sentiers battus de la mythologie grecque qui se fait l’univers de ma première série attendant sagement de se faire éditer après Les Trois Gardes !

Tu viens nous présenter ta saga Les Trois Gardes, dont le deuxième tome sort très bientôt. Peux-tu nous présenter rapidement de quoi est-ce que ça parle ? Quelles sont les origines de ce projet ?

Alors, nous sommes dans un univers médiévalo-hellénique, s’entend par là que le monde est moyenâgeux, mais avec la particularité que toute la culture grecque y est pleinement intégrée, que ce soit dans ses formes politiques, économiques, religieuses (ce ne sont pas forcément les mêmes noms pour les divinités) et sa langue (le grec ancien est utilisé pour la Magie de l’univers).

L’histoire commence quatre-vingts ans après une guerre ayant opposé les hommes aux Démons dirigés par l’Empereur Noir Adramalech, lequel ne fut jamais vu par les humains. Nous suivons les aventures des Chevaliers des Trois Gardes, héritiers de la victoire de leurs aînés, mais aussi celles des Démons, soumis au désir de vengeance de leur seigneur, Adramalech donc. C’est en somme plusieurs personnages que nous suivons, d’un côté Phœbus, l’écuyer du Chevalier Blanc Chilpéric Abzal, qui s’entraîne à sa Magie et son escrime, et de l’autre le Démon Apolyon, en lequel Adramalech voit son successeur et l’instrument des Prémices du Mal (titre du premier tome), c’est-à-dire le premier coup porté par les Démons contre les humains. Il y a une foule d’autres personnages plus ou moins secondaires, autant chez les hommes que chez les Démons, les premiers vivant dans la peur du retour de leurs ennemis, les seconds en pleine préparation !

Pourquoi as-tu choisi spécifiquement d’écrire de la dark fantasy ? C’est un genre aux connotations et limites assez floues puisqu’on y case un peu tout et n’importe quoi aujourd’hui. Quelle est ta définition de la dark fantasy ? Qu’a-t-elle de plus, pour toi, par rapport aux autres sous-genres de la fantasy ?

Eh bien, parce qu’il s’agit de mon sous-genre préféré. Pour moi, c’est une fantasy dite “noire”, comme son nom l’indique en anglais, c’est-à-dire un univers où le Bien et le Mal n’existent pas vraiment car il n’y a pas vraiment de manichéisme. C’est ce que je regrette le plus dans la fantasy générique, cette histoire de méchants contre les gentils.

J’ai essayé de faire en sorte que mes personnages, quelque soit le camp dans lequel ils se trouvent, ne soient ni tout blancs ni tout noirs. C’est un sous-genre qui permet d’exprimer librement des thèmes très adultes comme la sexualité, la violence physique (des guerres, du sang) mais aussi psychologique, qui est à mon sens la plus intéressante à travailler.

La dark fantasy permet surtout de décrire un univers très adulte, comme l’est le public que je vise avec mes romans et mon style d’écriture. En somme, la dark fantasy permet de pousser beaucoup plus loin dans la réflexion d’éléments très matures et adultes, le tout saupoudré de violence et de combats autant physiques que psychologiques.

On reproche souvent aux auteurs de fantasy d’écrire dans des univers médiévaux aujourd’hui, or, le tien en est un. Pourquoi ce choix ? Que penses-tu des auteurs et lecteurs qui affirment qu’on ne peut plus réinventer la fantasy médiévale, car trop influencée par des auteurs comme Tolkien ou G.R.R Martin ?

C’est complètement faux ! On peut réinventer n’importe quel genre, du moment qu’on sait faire preuve d’imagination. Il est vrai que des codes ont été depuis très longtemps instaurés par Tolkien, mais cela remonte même plus loin encore. Prenez l’exemple des épopées homériques : si l’on y réfléchit bien, nous sommes dans un univers de fantasy, avec des héros, des combats et des dieux, à ceci près qu’il s’agit-là d’une conception purement moderne de l’œuvre car les Grecs de l’Antiquité considéraient que ce temps faisait partie du leur (conception qui a évolué avec le temps) mais qu’il était nettement antérieur. De fait, il est indéniable que la fantasy “souffre” des codes instaurés par Tolkien et que tous les auteurs reprennent plus ou moins.

En tant qu’historien, l’univers médiéval est une mine d’or de développement. Comme je l’ai dit, j’ai essayé de sortir quelque peu des sentiers battus en instaurant une culture purement grecque qui me permets, je pense, de m’identifier plus clairement en tant qu’auteur. Si l’on retrouve la royauté bien médiévale, on voit également d’autres formes plus helléniques avec la démocratie, la ploutocratie, la dyarchie, etc.

Il est de toute façon certain qu’un auteur s’inspire de ses lectures. Grand lecteur de fantasy médiévale (#DavidGemmellforever!), mon choix pour mon premier récit de pure fantasy s’est instinctivement porté sur un univers médiéval car j’y étais familier. Reste, après, à imposer sa marque et sa plume. La mienne, c’est la culture de l’Antiquité grecque.

Ton roman a tendance à mettre les nerfs des lecteurs à vifs (tout du moins les miens). Selon toi, l’action, le suspens et le drama sont-ils les ingrédients pour tenir les lecteurs en haleine ? N’est-ce pas là un peu une facilité scénaristique qu’on utilise parce qu’on sait qu’elle marche ?

Mais que serait une histoire sans action, suspens et drama ? Imaginons de la fantasy sans cela, une sorte de huit-clos où les personnages discutent entre eux sans rien faire de particulier, où un gamin fait de la trottinette, ou encore un auteur qui décrit pendant huit pages un alpage et ses difficultés durant l’hiver… On s’ennuierait, non ? Ce sont là encore des codes de la fantasy.

Personnellement, je suis bien plus porté sur le travail psychologique de mes personnages, comprendre leurs intentions, les exprimer, les travailler en profondeur. L’action permet surtout de faire valoir l’argument de la dark fantasy : les personnages sont là pour se battre, pas enfiler des perles. Le suspens tient évidemment le lecteur en haleine, et c’est cela qui le poussera d’ailleurs à tourner la page suivante pour savoir ce qui se passe ensuite. Pis encore, terminez sur un cliffhanger ou un événement vraiment important, et votre lecteur n’aura d’autre choix que d’acheter la suite.

Il est à mon sens obligatoire pour un auteur de distiller tout au long du roman un goût de “reviens-y” pour son lecteur, non seulement car il sait ainsi que son histoire n’est pas bâclée et est intéressante, mais surtout car son lecteur aura envie de le lire, et même de le relire pour saisir toutes les subtilités possibles de l’univers et de ses composantes.

J’ai crû comprendre que tu avais un “petit” faible pour l’Histoire. Est-ce que ton métier t’as permis d’améliorer certains points de ton roman ? Lesquels ? Le métier d’historien est un peu un métier terre à terre, n’est-ce pas un peu compliqué d’écrire de la fantasy, qui est à l’opposé des concepts de rationalité exigés par l’Histoire ?

Indéniablement. L’Histoire est même plus qu’un “petit” faible, c’est une grande histoire d’amour. D’ailleurs, à l’insu de lui-même, moi le premier, l’auteur se sert de l’Histoire pour écrire son propre récit, car c’est un véritable puits d’idées, d’une richesse infinie. Batailles, règnes particuliers, événements cocasses ou dramatiques, nous en avons tous des exemples auxquels il suffit ensuite d’inoculer un univers, des péripéties, bref sa propre imagination. Prenons l’exemple de G. R. R. Martin, l’auteur de Game of Thrones, il s’est fortement inspiré de l’Histoire pour écrire la sienne, le tout saupoudré de magie et de surnaturel, mais aussi de la série Les Rois Maudits de Maurice Druon, lequel raconte le règne de Philippe le Bel jusqu’à la fin de la treizième génération qui le succède après la mort de Jacques de Molay, le Grand-Maître des Templiers brûlé vif le 18 mars 1314 à Paris (pardon, déformation professionnelle !).

Le métier d’historien est avant tout de comprendre les événements dans la logique du temps qu’il étudie. Écrire de la fantasy, ou même n’importe quelle autre histoire, c’est pareil. On ajoute simplement du surnaturel, ce qui fait cruellement défaut à notre réalité. C’est pour cela qu’on en écrit, non ? Il existe même un genre qui mêle totalement Histoire et fantasy, à savoir l’uchronie : on prend un événement de l’Histoire, on le modifie, et on imagine ce qui se serait passé comme un exercice de “What if?”, très en vogue aux États-Unis et en Angleterre sur l’étude de l’Histoire. Prenez l’exemple des Lames du Cardinal de Pierre Pevel qui se déroulent durant le règne de Louis XIII avec le cardinal de Richelieu… et des dragons ! C’est juste génial ! Et un exercice auquel je me tenterai, mais dans l’Antiquité grecque, ma spécialité !

Le deuxième tome de ton roman sort très bientôt. Le découpage de ta série est-il ton choix ou celui de ton éditeur ? Combien de tomes sont prévus au total ? On dit souvent que les deuxièmes tomes sont plus délicats à écrire que les premiers, est-ce ton cas ? As-tu des appréhensions à la sortie de ce deuxième livre ?

Totalement mon choix. Avec Beta Publisher, l’auteur fait à son aise, et nos chères éditrices (plein de bisous à vous !) discutent avec nous si ça peut être remis en question. Personnellement, je n’ai eu aucun problème sur le découpage.

Pour le nombre de tomes, on va partir sur 5 ; mais l’histoire évolue un peu à mon insu et je suis souvent dépassé par les événements qui ne se déroulent pas comme je l’avais initialement prévu. D’ailleurs, des événements du tome 3 étaient censés se trouver dans le 2, mais la multiplication des péripéties a fait qu’ils ont dû être décalés.

C’est une véritable tannée que d’écrire une suite ! Si l’univers est déjà construit, les personnages installés, etc., il faut surtout faire attention aux contresens possibles – et ça l’est souvent ! Mais ça reste beaucoup plus intéressant car on peut aller toujours plus loin dans l’agrandissement de l’univers et appuyer sur des points qui ont été un peu mis en retrait dans le premier tome.

Mon appréhension, c’est de faire moins bien que le premier. Mais mes bêtas-lecteurs et mes éditrices m’ont assuré que ce n’était pas le cas. Alors, nous verrons bien !

Depuis que tu es édité, tu as une vision un peu plus large du monde de l’édition. Quelle vision du monde de l’édition avais-tu avant d’être édité ? A-t-elle changée depuis ? Quels sont les aspects qui te séduisent en tant qu’auteur édité aujourd’hui ? Et au contraire ceux que tu aimes un peu moins ?

Je dois dire que ma vision n’a pas vraiment divergé. J’imaginais bien le travail avec les éditeurs, les correcteurs, les difficultés pour faire connaître son livre, etc. Ça m’a néanmoins permis de connaître les salons littéraires et les dédicaces, les rencontres avec les lecteurs.

J’aime surtout le travail avec les éditrices afin d’améliorer le texte plus encore ; et surtout les rencontres avec les lecteurs et les dédicaces. Ça fait toujours plaisir, comme de découvrir soi-même de nouveaux auteurs et de discuter avec eux plus… professionnellement, on va dire.

Ce que j’aime le moins, c’est tout le travail de promotion, de publicité, etc. Je suis très mauvais à ce jeu-là, et je n’ai malheureusement que très peu de temps pour m’y consacrer. Il y a également tout l’aspect financier de l’édition, la presque impossibilité pour un auteur de vivre de ses écrits, etc. C’est un peu une sorte de désillusion, mais que l’on finit par surpasser au profit du plaisir d’écrire et de rencontrer ses lecteurs.

Tu as également d’autres textes en cours, tu es pas mal actif sur Wattpad. Peux-tu nous présenter tes autres projets et activités ? D’autres projets d’édition peut-être ?

Comme je le disais en préambule, Les Trois Gardes n’est pas ma première série. Mon premier bébé, c’est ma série Kháos, une fantasy dans l’univers de la mythologie grecque qui connaîtra d’ailleurs une édition chez Beta Publisher dans deux ou trois ans. Affaire à suivre !

D’autres projets sont en route, mais les priorités éditoriales font qu’ils seront menés à bien ultérieurement. Il y a, en tout cas, plein de chose à venir dans les prochaines décennies. Pas le temps de s’ennuyer, l’imagination m’appelle toujours !

Pour le défi, donne deux mots à la personne qui passera après toi ! Elle devra les caser dans son interview.

Prolégomènes et dithyrambique (haha !)

Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps et bon courage pour la sortie de ton tome 2 !

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