Le courrier des lecteurs #1

LE COURRIER DES LECTEURS
N°1

Coucou ! Je lance un nouveau concept en cette année 2020. Le courrier des lecteurs est un article mensuel qui me permet de répondre à vos questions en lien avec l’écriture. Que vous ayez une question personnelle à me poser, sur l’écriture, le monde de l’écriture ou un de mes articles, il est là pour discuter avec vous.

Pour participer à l’édition de février, rien de plus simple, il vous suffit de remplir ce petit formulaire !

#1 – Alors, j’ai une question qui touche l’organisation : comment s’organiser dans l’écriture lorsque nos études ou métiers n’a pas de rapport avec l’écriture et que nous avons en plus des horaires, des devoirs à la maison ? Gauxfont

Je suis moi-même dans ce cas, et tout est en réalité dans l’organisation de son temps de travail et dans les récompenses. Dans le meilleur des cas, il est recommandé d’écrire trente minutes tous les jours. Par là, je n’entends pas qu’il faut écrire trente minutes d’affilée, mais trente minutes sur la journée. Ainsi, ça peut par exemple être des séances de dix minutes trois fois dans la journée, soit l’équivalent d’une petite pause au travail.

Ce qui est le plus compliqué, en réalité, c’est de se mettre dans un mode « écriture programmée », mais ça s’apprend. Plus on le fait souvent, plus l’automatisme vient. Au départ, il ne faut pas chercher à travailler sur un projet, écris ce qui te passe par la tête. Une fois que la routine s’est installée, il deviendra plus facile de travailler à ton rythme sur des projets. Après chaque séance de travail, il ne faut pas oublier de se récompenser, avec genre un bonbon ou un peu de lecture, ou quelque chose qui te fasse plaisir à toi. C’est important pour rendre positif l’expérience, et ce même si rien ne sort à l’issue des dix minutes de travail. Ça arrive, ce n’est pas dramatique et ça ne doit pas devenir une excuse de blocage dans l’écriture. Tout est dans la dédramatisation.

Ensuite, une fois que cette routine est bien installée, vous pouvez vous lancer dans des séances d’écriture plus longues le week-end, de deux heures par exemple, quand le rythme de travail est ralenti. Tout est question d’habitude, de motivation et d’envie de s’améliorer.

#2 – Comment fonctionne le système éditorial (envoyer son manuscrit auprès d’un éditeur, temps d’attente, etc.) ?Alphonse Lamarssier

Chaque maison d’édition a sa propre organisation, mais il y a quand même des schémas similaires en général.

Tout commence par l’envoi des manuscrits. Chaque maison d’édition a ici son fonctionnement unique : certains n’acceptent les manuscrits que pendant une période donnée, d’autres ont des contraintes spécifiques de mise en page, il faut faire attention à s’il s’agit d’un tapuscrit papier ou numérique… Il y a plein de petites choses à surveiller et qui se trouvent généralement sur le site de la maison d’édition ou l’appel à textes. Attention également au choix de votre maison d’édition ! Vous pouvez tenter les plus grosses, sur un coup de chance, on sait jamais, mais n’hésitez surtout pas à essayer les plus petites. L’édition marche par échelons, le plus difficile, c’est de rentrer dans une maison d’édition. Une fois que vous y êtes, votre réputation vous ouvrira un peu plus de portes à chaque livre édité ou salon visité.

Ensuite, le temps d’attente est très, très important car il permet déjà de repérer si quelque chose est louche ou non. Une maison d’édition, même de petite taille, reçoit presque constamment des tapuscrits. C’est simple, si vous recevez une réponse sous moins de deux semaines, inquiétez-vous immédiatement, peut-être que vous avez affaire à un prestataire de service. En général, les délais vont de un à trois mois dans les petites structures, montent à six mois dans les moyennes et peuvent aller jusqu’à un an dans les grosses maison d’édition. N’hésitez pas à prendre des nouvelles passés ces délais si vous n’avez reçu aucune réponse.

Si vous avez la chance d’avoir une réponse, il y a trois cas possibles. Si votre manuscrit est malheureusement refusé, il ne faut pas baisser les bras et surtout relativiser. Les grosses maisons d’édition sont connues pour refuser à la pelle des premiers romans, juste parce que c’est un premier roman. Concentrez-vous davantage sur les maisons d’édition qui font l’effort de vous envoyer de vrais retours pour vous aider à améliorer votre texte, et retentez ailleurs. Ensuite, il y a le cas où votre manuscrit passe la sélection et est ensuite confié à un comité de lecture. C’est bon signe, mais il ne faut pas s’emballer encore pour autant. Ce sera le baptême du feu. Et ensuite, il y a bien sûr le cas où votre manuscrit est accepté, c’est la fête, tout ça.

Une fois cette étape passée et le contrat signé, le travail éditorial commence. En gros, le correcteur de la maison d’édition va passer sur votre texte et vous allez avoir beaucoup, beaucoup de travail. Ensuite, il y a la création de la couverture, le début de la promotion, puis la sortie du livre. Après ça, il ne vous restera plus essentiellement que du travail de promotion à faire, que ce soit par vous-même ou dans les salons littéraires où vous ferez face à vos lecteurs.

Un livre met du temps à être publié entre le moment où il est accepté et le moment où il est publié, il faut donc être patient ! Et petit rappel gentillet : une vraie maison d’édition ne vous demandera jamais de débourser ne serait-ce qu’un centime. Si c’est le cas, inquiétez-vous parce que ce n’est tout simplement pas normal. Attention également aux maison d’édition qui ne traitent pas leurs auteurs de la même manière, il y en a beaucoup et elles ne sont pas plus recommandables.

#3 – As-tu déjà traité de l’écriture sur les réseaux sociaux ? Est ce que les utilisateurs/consommateurs des réseaux sociaux style Instagram, sont également intéressés par des histoires ? – Anonyme

J’en ai un peu traité dans plusieurs articles sur la publicité et la littérature numérique, mais je n’y ai pas consacré un vrai article. C’est un peu une erreur étant donné que le sujet est infini, et un vrai casse-tête à traiter.

Il existe en effet des communautés d’auteurs et d’écrivains qui produisent uniquement sur les réseaux sociaux. Ces tendances sont extrêmement visible notamment sur Twitter, qui a réinventé par exemple les haïkus et a inventé plusieurs sortes de littératures, à savoir la Twittérature (écrire des histoires en 140 caractères) et les threads, qui se développent de plus en plus grâce à leurs liens forts avec des vidéastes comme Squeezie par exemple. Il y a des tas de choses à en dire et j’y consacrerais un article dans le futur.

Sur Facebook, c’est surtout le développent des « RPG » qui a marqué la plateforme, avec des auteurs qui s’amusent à créer leurs propres histoires en interagissant avec d’autres auteurs cachés derrière leurs personnages. Même si la plateforme ne les aime pas trop, il y a une énorme communauté qui pratique l’exercice. Ensuite, de manière plus classique, la poésie a une énorme communauté là bas. Ce n’est pas si étonnant quand on sait que la plateforme est fréquentée plutôt par des adultes, contrairement à Twitter, et qu’ils écrivent davantage des formats courts que des formats longs comme les jeunes. Après, il y a des exceptions, tout ça, comme à chaque fois.

Sur Instagram, en revanche, c’est encore un peu hasardeux. La plateforme est beaucoup plus propice à l’expansion du Bookstragram, soit la mise en lumière de textes édités ou auto-édités dans des mises en scène. Mais le principal problème d’Instagram, c’est que la plateforme ne met que très peu l’accent sur le texte. A moins de trouver des moyens astucieux de présenter le texte en image, il n’y a pas beaucoup de développements possibles pour la plateforme. Mais nous ne sommes pas à l’abri d’auteurs ingénieux prêts à se lancer dans d’autres formats ! C’est à surveiller. La plateforme est également beaucoup plus jeune que Facebook et Twitter, ce qui explique que son niveau est moins avancé que les deux autres.

Si le sujet t’intéresse, voici deux petits articles bien foutus qui en parlent : le premier article sympa et l’autre article sympa.

#4 – J’ai une question 🙋 un livre ne pouvant vivre qu’avec l’aide de ses lecteurs, l’auteur doit-il ou elle impérativement écouter ses lecteurs lorsqu’ils ou elles lui conseille telle ou telle chose (niveau scénario, personnages ou réactions de personnages) ou doit-il ou elle les ignorer ? En gros, où se situe la limite ?Chelseasilenajackson

Tout dépend de quel type de lecteurs on parle. J’ai déjà croisé beaucoup d’auteurs qui ne prenaient que le positif de critiques et rejetaient en bloc tout le négatif par exemple. Pour commencer, je dirais qu’il faut tout d’abord et une fois pour toute faire la différenciation entre un avis et une critique, ce que peu d’auteurs font. Un avis est un ressenti personnel du lecteur qui touche donc le contenu, tandis que la critique est un œil plus neutre qui touche davantage à la forme, à la cohérence.

Les avis, même constructif, sont à prendre avec des pincettes. Si jamais un de vos lecteurs soulève un point intéressant qui peut améliorer votre récit, il ne faut pas hésiter à le suivre. En revanche, si un avis commence à remettre en question toute votre histoire, il ne faut pas foncer tête baissée et tout changer. Prenez du recul, remettez le texte en question et réfléchissez à la pertinence de chaque remarque. Un avis est toujours subjectif, attendez d’avoir plusieurs retours similaires avant d’envisager de changer quelque chose, par exemple, ou alors discutez avec le lecteur pour mieux comprendre son ressenti et pouvoir améliorer.

Dans le cas de la critique, les conseils sont habituellement plus fiables car très pragmatiques. Attention cependant à ne pas écouter le premier venu, vérifiez les corrections données au moindre doute avant de changer. Sur les plateformes d’écriture, il y a peu « d’experts » de la forme.

Dans tous les cas, il faut toujours remettre en question son texte. Si un commentaire vous paraît trop sec, prenez du recul avant de l’analyser. Discutez avec vos lecteurs. Il n’y a aucune raison que ça se passe mal. La limite de ce que l’on accepte ou non, c’est surtout celle que vous vous fixez.

#5 – Concernant le plagiat. Utiliser une phrase qui n’est pas sienne sans indiquer l’auteur original, est un plagiat. Mais cela concerne-t-il toutes les phrases ? Si j’emploie, par exemple, la phrase : « Je suis rentré dans ma voiture », qui, j’en suis certains, est une phrase que l’on peut retrouver dans énormément de récits divers et variés, l’utiliser dans mon roman est-il du plagiat ? Si j’utilise la phrase tirée des Misérables de Victor Hugo : « Veni, Vidi, Vixi » sans citer l’auteur est-il du plagiat alors que ce n’est qu’une phrase assez banale ?Alphonse Lamarssier

Même si c’est toujours mieux de citer la source dans une note de bas de page, utiliser une phrase tirée d’une autre oeuvre n’est pas du plagiat, c’est de l’intertextualité. Depuis toujours, les œuvres font référence à d’autres œuvres, par des citations ou même des expressions parfois. Il faut savoir qu’il existe un droit de citation à hauteur de 10% d’une oeuvre. Si vous prenez un roman de 100 pages, vous avez le droit d’en citer dix, par exemple. Une petite citation ou une référence, ce n’est donc absolument pas un problème. Par mesure de conscience, n’hésitez pas à citer la source, tout simplement.

Il ne faut pas oublier également que passé un certain temps, énormément d’œuvres tombent dans le domaine public et peuvent donc devenir une source inépuisable de citations sans que personne ne puisse rien vous dire.

Pour ce qui est des phrases que l’on retrouve partout, elle ne sont pas sous « copyright », même si le livre en fait partie. Ce sont des mots que tout le monde utilise. On ne peut mettre sous copyright que certains termes originaux et inventés, des marques, ou encore des citations célèbres, mais ça s’arrête là. Tant que vous ne copiez pas un gros passage d’un autre texte, ça passe tranquillement, il ne faut pas s’en inquiéter 🙂

C’est tout pour ce tout premier courrier des lecteurs ! J’espère qu’il vous a plu, je me suis bien amusée à le faire. Je vous invite grandement à me laisser vos questions pour le mois prochain. Des questions non-sélectionnées d’un mois sur l’autre pourront également être prises pour éventuellement combler s’il n’y en a pas assez. Je vous souhaite une joyeuse semaine et à bientôt pour d’autres articles !

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