Le courrier des lecteurs #2

LE COURRIER DES LECTEURS #2

Bonjour tout le monde ! On arrive à la fin du mois de février, il est donc temps de répondre à vos questions du mois ! Pour rappel, vous pouvez dès à présent me faire parvenir vos questions pour le courrier des lecteurs du mois de mars, en allant remplir ce formulaire tout simple : CLIQUE ICI !  N’hésitez pas à participer 🙂

#1 – Coucou ! J’en ai une qui vient de me passer par la tête : à l’heure où le temps de concentration est de l’ordre d’une dizaine de secondes, doit-on adapter notre manière d’écrire ? En particulier, au niveau de la longueur de nos chapitres ?PassionHell

C’est une très bonne question. De nombreuses études prouvent aujourd’hui, qu’en effet, il est très compliqué de rester concentré sur une seule tâche. Qui n’a jamais fait ses devoirs sans garder un oeil sur les réseaux sociaux ? Ou alors préparer à manger devant la télévision ? Les « parasites » sont partout aujourd’hui, et on doit simplement s’adapter parce qu’il n’y a pas d’autre alternative possible. Pour ce qui est de l’écriture spécifiquement, je dirais qu’il y a deux alternatives.

Pour la première, c’est l’isolement complet. Avez-vous remarqué comment certains auteurs choisissent parfois de partir à la campagne ou à la montagne pour être totalement à l’écart du monde ? Cette alternative est efficace, quoi qu’un peu excessive, mais il est possible de faire la même chose à la maison. Si vous êtes sensibles au bruit, vous pouvez par exemple investir dans un casque anti-bruits. Les moins chers coûtent environ 15 euros, c’est totalement abordable. Même s’ils n’effacent pas totalement le bruit alentours, pour les auteurs qui écrivent dans des lieux publics, ça change vraiment la vie. Pour les auteurs dispersés à cause des réseaux sociaux ou du téléphone, il existe des applications pour couper temporairement toutes les notifications ou internet, ce qui permet d’éviter de suivre tout ce qui se passe sur votre téléphone. En combinant ces deux outils, vous ne devriez plus avoir trop de problèmes pour gérer vos sessions d’écriture.

Pour ceux qui ne peuvent vraiment pas couper, il y a aussi la possibilité d’adapter le style d’écriture au mode de vie de son auteur. Je pense notamment ici à l’application Rocambole qui vous propose des séries littéraires, un peu sur le format Netflix, et donc plus axé sur la production rapide et à suspense. Pourquoi ne pas vous en inspirer ? Maintenir le lecteur en haleine sur un laps de temps court est tout aussi complexe que sur du format long, mais ça a l’avantage de vous faire travailler de manière plus concise. Si vraiment vous n’avez pas le temps de travailler sur du format long, vous pouvez aussi tout simplement poster des morceaux de chapitres en ligne. C’est une pratique qui est très courante sur les forums d’écriture, mais encore considérée comme un peu tabou sur les plateformes d’écriture comme Wattpad. Ca ne veut pas dire pour autant que ça ne plaira pas, juste que vos lecteurs n’y seront pas forcément habitué. J’ai fait cette expérience pour l’un de mes textes, Lazare, étant donné que l’histoire n’est qu’un seul chapitre, et ça s’est plutôt bien passé, une fois les interrogations des lecteurs levées 🙂

#2 – Je me pose la question de savoir si les écrivains célèbres ont des corrections apportées sur leur texte ? Souvent, je suis dégoûté de lire des romans publiés car les proses sont toutes les mêmes, plates, vraiment pour plaire à tout le monde… Donc là, on ressent bien le passage d’un travail de correction. Mais pour des auteurs comme A. Nothomb, avec une prose assez différente et tellement douée en français qu’elle pourrait corriger un correcteur (ces livres sont les rares sans fautes que j’ai lu), est-ce que la maison d’édition lui demande de changer des trucs à ces textes, et est-ce que quelqu’un les corrige ? J’ai pris Amélie Nothomb en exemple, mais ça marche avec les autres, comme F. Thilliez, J.C. Grangé, B. Werber, etc.BeautifulSpider

Le travail éditorial implique forcément une correction à un moment ou un autre du parcours. Même si tout peut sembler « clean » à la lecture, il y a souvent énormément de choses qui sont modifiées entre le premier jet présenté à la maison d’édition et le jet final. On peut maîtriser parfaitement la langue française, ça n’empêche pas qu’un œil extérieur peut parfois pointer à l’auteur des passages non-compris à la lecture ou un peu maladroits.

Un bon correcteur est censé respecter le style de l’auteur, d’où le pourquoi la magie opère. Mais il faut aussi prendre en compte que certaines maisons d’édition, notamment celles qui favorisent la littérature de consommation comme Harlequin, demandent un style littéraire particulier et similaire sur l’ensemble de ses textes, quitte à faire des commandes. Il faut donc se méfier de ce qu’on lit, ce n’est pas toujours ce que l’on pense.

Il n’y a aucune véritable règle dans l’édition. Tout n’est que négociation avec l’éditeur et le correcteur ensuite si jamais les corrections ne vous conviennent pas. Vous pourrez peut-être trouver un arrangement 🙂

#3 – Que penses-tu des protagonistes qui deviennent « méchants » au fil des livres, et comment ferais-tu pour en arriver jusque là ?Jerrerocher

C’est assez drôle que tu poses cette question puisque c’est exactement une des problématiques d’une de mes fanfictions actuellement. Dans une de mes textes, mon personnage principal, traumatisé par les tragédies qui le frappent de manière rapprochée, se transforme peu à peu en monstre insensible qui va finir par tuer des enfants. Le texte est juste ici si ça vous intéresse.

Je pense tout d’abord que c’est un exercice périlleux et vraiment complexe. Il y a toujours plus de faux-pas possibles à effectuer lorsque l’on travaille un méchant qu’un gentil : on ne doit pas trop prendre partie sous peine de donner raison et de faire l’apologie de ce que l’on dénonce, on doit pas créer uniquement un méchant à l’histoire dramatique pour attirer la pitié, ce qui peut vite agacer le lecteur. C’est vraiment tout un équilibre à trouver et ça demande plusieurs essais. Même maintenant que mon histoire est bien lancée, j’ai toujours de grands questionnements sur la question de la monstruosité de mon personnage et je n’ai jamais vraiment l’impression d’en faire assez.

Pour ce que j’en pense, c’est un très bon challenge auquel il faut être prêt à se planter plusieurs fois avant d’arriver au résultat escompté. Pour ce qui est d’en arriver jusque là, il va vraiment falloir travailler les motivations du personnages et la cohérence de son comportement jusqu’au point de rupture où il passe du mauvais côté. C’est le point qui doit être le plus marquant pour le lecteur et le faire basculer du personnage qu’ils aimaient beaucoup au personnage qu’ils finissent par trouver monstrueux et inexcusable tant dans sa morale que ses actions, sans que cela ne paraisse ni forcé, ni trop axé sur la pitié et les événements dramatiques qui ont précédé.

En revanche, une chose est sûre, je ne vous recommande pas l’expérience avant d’être vraiment à l’aise dans le style que vous écrivez.

#4 – Penses-tu qu’il est possible pour des maisons d’édition d’accepter de publier les romans de personnes mineures ? – Anonyme

C’est tout à fait possible, oui, mais simplement plus rare à cause de problèmes qui peuvent se poser dans la gestion des droits d’auteur, et du fait que beaucoup de plumes de mineurs sont trop immatures pour aller au-delà des textes pour la jeunesse. Mais il y a beaucoup d’exceptions qui confirment que c’est tout à fait possible !

Si vraiment tu ne trouves pas, il y a aussi l’alternative de l’auto-édition 🙂 Ça peut être aussi une bonne expérience pour se faire un nom avant de tenter de rentrer dans une maison d’édition.

#5 – Je suis actuellement en train d’écrire un livre que j’ai démarré il y a 2 ans et qui n’avance que très peu (hum hum), mais cette fois ça y est, je sais où je vais et comment j’y vais (oui, je suis fière). Mais, en sachant que je ne le publie sur aucune plateforme d’écriture, comment savoir si ce que j’écris et (surtout) la fin que je prévois sont bien ?Kalways1

Déjà, bravo pour avoir pris en main sérieusement ton projet ! C’est une grande étape et j’espère que tu le mèneras à son terme ! Pour ce qui est de ta problématique, tu peux essayer de trouver des bêtas-lecteurs susceptibles d’être intéressés par les thèmes de ton histoire. Si tu es encore dans une école, n’hésite pas par exemple à te rapprocher d’un professeur de français ou un spécialiste des lettres. Si le « feeling » passe bien, il y a moyen de leur demander gentiment un avis sur ton plan d’écriture.

Tu peux aussi chercher sur les réseaux sociaux si un auteur pourrait être intéressé pour t’aider. Souvent, il y en a pas mal qui se propose. A voir si tu fais assez confiance à des inconnus pour leur présenter ton texte.

Il y a ensuite l’option coach littéraire. Ce sont des personnes qui se proposent de t’accompagner tout au long de ton projet, avec un mélange de bêta-lecture et de soutien émotionnel. Généralement, ces services sont payants, mais les personnes qui les proposent savent de quoi ils parlent. Si tu en cherches un fiable, je peux par exemple te renvoyer vers La Plume Amie, dont les prix sont très abordables et les services de très bonnes qualités.

Enfin, tu peux également tenter de te faire une place dans des ateliers d’écriture sur des thèmes qui correspondent à ton roman pour essayer de gratter quelques conseils au passage, par exemple chez Infinite Studio. Ils en proposent plein chaque mois, tu y trouveras peut-être ton bonheur 🙂

#6 – Salut. J’aurais besoin d’un conseil. Je vois que tu es beaucoup impliquée dans l’écriture de one shots d’Aventures avec Un vent d’Aventures… Perso, j’aimerais faire un truc similaire pour ma trilogie, des histoires en dehors de la trilogie, pas forcément liées entre elles. Je me demandais, comment tu fais pour te détacher de toutes ces nouvelles et recommencer à zéro, comme si les précédentes n’avaient pas existé ? C’est comme si tu effaçais l’ardoise pour recommencer une autre nouvelle avec les autres personnages, sans jamais suivre le principe d’un roman, d’une même chronologie. Je me demande si tu n’aurais pas des astuces pour les gens qui souhaiteraient décrocher de leurs lignes temporelles et juste y aller à fond, créant leurs propres spin offs et j’en passe.  Teddie Sage

Je pense que c’est simplement une habitude à prendre. Avant de commencer par les textes longs, j’ai eu une très longue période « One Shots ». A chaque fois que j’en écris un, je vois ça un peu comme un épisode de dessin animé : les personnages restent les même, avec leur caractère, leur histoire, leur vécu, mais à chaque fois le cadre change et ils doivent s’adapter à la situation. C’est assez complexe d’expliquer comment ça fonctionne, étant donné que c’est quelque chose que j’ai toujours fait presque naturellement. Il faut aussi savoir que la petite centaine de textes ont été écrits sur cinq ans, ce n’est pas rien.

Ici, de plus, c’est un cadre de fanfictions. Du coup, je me base principalement sur le caractère d’origine des personnages, sans jamais inclure ce que j’ai pu faire avant. C’est comme un reboot en boucle où le contexte change à chaque fois.

Je pense qu’il faut simplement avoir en tête une base solide et malléable pour les personnages, et ensuite jouer avec et les imaginer s’adapter à des situations complexes, puis créer une histoire à partir de celle-ci. Plus tu maîtrises tes personnages et leur lore de A à Z, plus tu peux en faire ce que tu veux. C’est aussi pour cette raison que mes fiches personnages sont souvent longues et complexes. Pour que je puisse travailler un personnage et lui donner plus de profondeur, j’ai besoin pour ma part de le connaître dans les moindres détails, ce qui n’est pas le cas de tous les auteurs.

Tout passe dans l’expérimentation. Plus tu écris de one shots, plus tu as l’habitude d’en écrire et ça devient facile de jouer avec les différents paramètres. Il faut juste laisser le temps faire.

C’est tout pour cet article 😀 J’espère que ça vous a plu et que j’ai pu éclairer tout le monde sur ces points ! On se retrouve bientôt pour de nouveaux articles !

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