[Beta Publisher] Lignes noires – Pierre Gaulon

LIGNES NOIRES – PIERRE GAULON

Woaw. Juste, woaw. J’ai dévoré ce roman en seulement quelques heures et il est grand temps d’écrire cette chronique parce qu’il y a des tas de choses à dire dessus.

Attention ! Ce livre et cette chronique abordent la thématique du suicide. Si vous êtes sensibles à cette problématique, il est peut-être préférable que vous ne vous aventuriez pas plus loin 🙂

1. Des morts mystérieuses

Maryline Jane est une journaliste très connue sur les réseaux sociaux qui travaille pour le journal La 24e Heure. Sa spécialité, ce sont les faits divers étranges et inexplicables. Elle enquête aujourd’hui dans la petite bougade de Grand-Mare, où deux suicides ont eu lieu récemment, celui d’une vieille femme avide de lecture sans histoire et celui d’un officier de police apparemment dépassé par les horreurs de son travail. En apparence, les deux victimes n’ont aucun lien entre eux, mais en fouillant un peu sur place, Maryline se rend compte que les habitants cachent quelque chose.

N’écoutant que son instinct, elle découvre qu’un objet relie les deux victimes, un ebook appelé The Suicide Book, qu’elles semblent avoir lu toutes les deux juste avant leur mort. Simple coïncidence ou objet du crime ? Livre maudit ou cause plus rationnelle ? Avec l’aide de HP, un chasseur de paranormal, Maryline tente de remonter la trace de ce mystérieux livres qui prend sa source bien loin de notre époque, au beau milieu du Moyen Âge. Mais à trop s’aventurer sur des sentiers inconnus, il faut parfois prendre garde à ne pas se perdre soi-même.

La vie ne vaut pas la peine d’être vécue, notre propre main est capable d’y mettre fin.

Lignes Noires est disponible aux éditions Beta Publisher depuis le 8 février 2021. Vous pouvez le découvrir sur le site de la maison d’édition au format papier et numérique 😀

2. Une affaire d’héritage médiéval

Comme je l’ai dit en préambule, j’ai lu ce texte extrêmement rapidement. Une fois que vous commencez à le lire, il est très compliqué de le poser (et ça fait limite peur quand on sait de quoi ça parle, mais je suis toujours vivante, donc je suppose que ça va). La plume est extrêmement addictive et le suspense insoutenable. Vous avez BESOIN de connaître la suite de l’histoire. J’ai passé un incroyable moment de lecture et ce texte est un énorme coup de cœur !

Nous suivons donc le personnage de Maryline, une journaliste qui étudie les événements paranormaux et bizarres pour un journal numérique. C’est un personnage super attachant dès le début et qui a déjà son lot de problème depuis que sa vie a pris un tournant dramatique après un accident. Handicapée, elle a fait de ses cicatrices une force en acceptant de les exposer sur les réseaux sociaux. J’ai adoré le background de ce personnage qui change vraiment de ce qu’on a l’habitude de lire. Le personnage est assez proche de ce que l’on rencontre aujourd’hui avec ce mouvement qui encourage les gens à accepter et se sentir bien dans leur corps. J’ai beaucoup aimé cette approche, qui en plus n’est pas là uniquement pour ajouter plus de diversité. Ce qui lui est arrivé va avoir une vraie importance dans l’histoire, et la manière dont tout est lié est super chouette et bien travaillé.

Le deuxième personnage, HP est aussi super intéressant parce qu’il vient semer peu à peu le doute dans l’esprit du lecteur et sur le vrai genre du texte. Pendant longtemps, on ne sait pas si on se trouve dans du polar, du thriller ou du fantastique. Et le meilleur, c’est que c’est au lecteur de le décider à la fin, à partir des déductions qu’il a fait sur l’intrigue. Si Maryline s’occupe de l’enquête sur le terrain, la partie gérée par HP est un jeu de piste bien plus psychologique qui se base à la fois sur l’Histoire et sur le paranormal, ce qui pousse petit à petit le lecteur à faire ses propres déductions à partir de tout ce que les personnages découvrent. Le duo de personnage fonctionne super bien et j’adore le look du monsieur, qui, quelque part, rappelle aussi ses voyages dans l’ancien temps.

Bien plus qu’un simple roman, c’est une vraie expérience de lecture. Si vous n’êtes pas attentif, vous allez rater des indices. Chaque page a son importance, y compris celles qui en apparence n’en ont pas l’air. Je vous conseille notamment de garder une loupe à proximité, ça pourrait vous être utile. J’étais contente d’en avoir une en tout cas. Le livre dans son intégralité joue avec vous du début à la fin : il y a des alternances de personnages, de taille de chapitres, mais aussi des alternances dans les médias utilisés. Il y a des articles, des mails, des SMS, des extraits de livres et j’en passe, et vous savez comme moi que c’est le gros point bonus pour ma part. J’adore les textes qui jouent sur la forme autant que sur le fond, et c’est justement le cas de ce livre.

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié c’est que le texte parle de sujets forts sans tabous. Il y a eu beaucoup de recherches sur le sujet du suicide, comme en témoigne la grosse bibliographie à la fin, et ça se sent dans le développement de l’écriture. Mis à part deux ou trois scènes qui peuvent un peu heurter la sensibilité, dans l’ensemble, ça reste soft et non-visuel pour ceux qui hésitent encore. J’ai beaucoup aimé qu’on traite également plusieurs sortes de suicides au-delà des cadres qu’on peut croiser le plus souvent, à savoir ceux qui concernent les personnes âgées et ceux qui touchent les travailleurs comme les policiers. C’est quelque chose qu’on croise parfois dans un journal au détour d’un fait divers, mais c’est rarement traité dans la fiction. Il y a aussi un très bon traitement des conséquences d’un traumatisme, que ce soit du côté du personnage principal ou de l’antagoniste, sur lequel je ne m’attarderai pas parce qu’il mérite d’être découvert par lui-même, n’est-ce pas un peu ce que l’on attend d’un roman policier après tout ?

Si je devais trouver un petit point négatif, c’est que j’ai eu l’impression que la fin était un peu rapide. J’aurais aimé avoir un peu plus de développement. Mais cependant, vu la forme originale de la fin du texte, je ne sais pas si j’aurais voulu une meilleure fin. Donc ce n’est pas vraiment un point négatif. Il y a aussi quelques petites infos qui m’ont parue sortir un peu de manière forcée, comme l’implication des De Sertant que j’ai trouvé un chouillas rapide.

Mais dans l’ensemble, ça reste super chouette. Beaucoup d’action et de suspense pour un livre qui mérite définitivement d’être découvert ! C’est un gros coup de cœur pour ma part 😀

3. Un petit extrait ?

Depuis le début, son instinct lui soufflait que les coïncidences de ces morts ouvraient la porte à une investigation plus poussée. Or c’était désormais à pleins poumons que son instinct lui hurlait de remonter au plus vite le fil de cette affaire. Car les concordances ne s’arrêtaient pas là. D’après le collègue du flic décédé, comment s’appelait-il déjà ? Oui, Philippe Gardet, les deux victimes auraient eu en leur possession des documents si ce n’est identiques, d’une troublante ressemblance. Un livre consacré au suicide, au format numérique.

Elle se remémora la conversation téléphonique et le ton apeuré de l’homme. Aucun doute que le flic avait eu connaissance d’un élément capital. Les derniers mots de la discussion étaient sans équivoque : … je peux essayer de le retrouver. Laissez-moi votre numéro et je vous contacte dans quelques jours, OK ?

Trois jours s’étaient écoulés depuis, et Philippe n’avait toujours pas donné de nouvelles. Il était plus que temps de le rappeler à ses obligations.

Maryline saisit son portable et lista son historique. Le numéro de son contact ne tarda pas à s’afficher et elle appuya avec détermination sur la touche verte. Pas une fois il ne lui vint à l’esprit qu’elle aurait pu s’octroyer un peu de repos avant de replonger tête baissée dans une nouvelle affaire. Son corps commençait à accuser le coup et sa jambe finirait tôt ou tard par signifier son mécontentement, mais elle s’en moquait. Les jours de coma qu’elle avait affrontés après son accident avaient radicalement changé sa perception du temps, comme si elle cherchait, par un surcroit d’activité, à rattraper cette période de sommeil artificiel.

Trois sonnerie retentirent avant qu’on ne décroche.

— Allô ?

Lorsque Maryline entendit cette voix féminine percluse de trémolos, un étrange picotement se déploya dans son ventre.

— Bonjour madame, vous devez être madame Gardet ? Ici Maryline Jane du journal La 24e heure. J’ai discuté il y a quelques temps avec votre mari au sujet d’une affaire. Il devait me rappeler, mais n’ayant pas eu de ses nouvelles, je me permettais de vous contacter. Pourrais-je lui parler ?

Il y eut un blanc de quelques secondes si pesant que Maryline se demanda si la connexion n’avait pas été coupée. Puis des sanglots déchirèrent le silence. Son sang se figea dans ses veines.

— Il… Il s’est…

Une nouvelle crise de pleurs hacha la conversation. Après un effort terrible, elle réussit, enfin, à terminer sa phrase.

— … suicidé.

C’est tout pour aujourd’hui 😀 Je vous souhaite une bonne journée et vous donne rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles ! Des bisouilles !

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