[Auto-édition] Contes de zombies – Anthony Lamacchia et illustré par Andréa Kerlhau

CONTES DE ZOMBIES
Anthony Lamacchia et illlustré par Andréa Kerlhau

Bonjour, bonjour ! Partons faire un tour du côté de nos amis auto-édités pour un recueil de nouvelles dérangeant et très, très bien foutu. C’est par ailleurs un gros coup de cœur, à n’en point douter !

Du temps où les fées dansaient avec les morts

Il était une fois, une horde de zombies qui voulait devenir musicienne. Il était une autre fois, un petit garçon capable de ramener les animaux de compagnie de ses camarades de classe à la vie. Dans un autre pays lointain, un groupe composé d’un nain, d’un vieux sage, d’un chevalier, d’une archère et d’une petite fille cherchaient à rejoindre un château mystérieux pour échapper à une horde de morts-vivants.

Ce sont des histoires qui mêlent des contes de fées et des zombies, au travers d’une quinzaine de nouvelles dérangeantes et terrifiantes qui flirtent avec tous les genres de l’imaginaire, du conte à la fantasy, du fantastique à la science-fiction. Toutes les nouvelles ont été rédigées par Anthony Lamacchia et illustrées superbement par Andréa Kerlhau. Survivrez-vous à cette apocalypse de lecture bien mordante ?

Contes de zombies est disponible depuis le 5 mai 2021 au format broché et numérique. Vous pouvez le trouver notamment sur Amazon.

Ça croustille sous la dent, mais dans la bouche, c’est fondant !

Lorsque l’on m’a proposée ce recueil, j’ai tout de suite été attirée par le titre. Comme vous le savez, je suis en littérature de jeunesse, et donc les contes, forcément, c’est un peu mon rayon. Je pensais sincèrement lire un recueil de contes réécrits à la sauce zombies (ce qui est une très bonne idée aussi !), mais ce sont bien seize nouvelles entièrement originales qui composent ce chouette livre.

L’idée de base est loufoque : réunir les contes de fée, réputés pour les enfants, et le post-apo zombies, qu’on nous interdit en général d’approcher avant le milieu ou fin de l’adolescence, c’était un pari osé. Et ça fonctionne étrangement bien, ah ah. Cela donne des nouvelles qui reprennent les paramètres des contes, avec souvent des personnages jeunes et avec une vision limitée du monde, auquel s’ajoute toute l’horreur des zombies et la cruauté du monde. Le mélange est détonnant et extrêmement dérangeant sur certaines nouvelles. Dérangeant dans le sens que vous allez frissonner parce que certains textes mettent en place une atmosphère assez malsaine où vous n’êtes plus sûr de si vous aimez ou non le texte.

À n’en point douter, toutes les nouvelles sont très originales et montrent qu’il y a encore beaucoup de choses possibles à faire avec les zombies. On sent l’influence de la culture zombie sur beaucoup de ces nouvelles : The Last of Us, Frankenstein, Frankenweenie, et bien d’autres plus insolites, par exemple cet hommage rendu au Metal à travers les cris des morts que j’ai trouvé très réussi.

Ce que j’ai aimé également, c’est la diversité des textes. On ne reste pas uniquement dans le conte de fée, certaines nouvelles s’en écartent d’ailleurs complètement. Les textes jouent sans cesse avec les codes des différents genres de l’imaginaire, de la fantasy au steampunk, en passant par la parodie, l’horreur ou le fantastique. C’est un chouette hommage qui montrent bien une fois de plus que la limite entre les littératures de l’imaginaire est extrêmement poreuse.

J’ai aimé globalement toutes les nouvelles, mais deux plus que les autres.

Le premier gros coup de cœur, c’est Le Petit Nécromancien, qui raconte l’histoire d’un enfant qui peut ramener les animaux morts à la vie juste en les touchant. Le mélange entre le milieu scolaire tout mignon et innocent, et les animaux zombies rendent l’atmosphère ultra glauque et dérangeante. Tout est très bien décrit, les personnages sont super attachants, mais dans le même temps, c’est super malsain et effrayant. J’ai adoré le décalage entre les deux mondes qui sort vraiment de l’ordinaire et qui vous filera totalement les chocottes, c’est assuré à 100%.

Mon deuxième coup de cœur, c’est Faërie Squad, la plus longue nouvelle du recueil. On y suit une jeune femme archère qui rejoint un groupe de survivants particulier composé d’un nain, d’un homme qui se pense chevalier, d’un vieux qui a des allures de vieux mage, une fée et d’une petite fille. Outre le côté revisite et hommage au jeu de rôle, les personnages m’ont beaucoup touchée parce qu’ils ont tous des défauts très réalistes et une personnalité hors du commun. L’intrigue est celle qui s’inspire de The Last of Us, par ailleurs : la petite fille est immunisée et son groupe cherche à la ramener dans un lieu où il sera possible d’en faire un vaccin contre l’apocalypse. Sur le chemin, ils vont rencontrer plusieurs personnages terrifiants, notamment un ogre-zombie, qui font de ce texte un univers coloré plein de références et incroyablement macabre. Le travail sur le monde de cette petite nouvelle est vraiment très chouette.

Il y a bien sûr plein d’autres textes à découvrir que je vous laisse le plaisir d’aller voir par vous-même. Il y en a vraiment pour tous les registres et toutes les envies.

Je ne peux pas terminer ce recueil sans parler du travail sur les illustrations qui sont vraiment chouettes et donnent le ton du récit, avec des pages de couvertures très jolies et des petites illustrations dans les textes qui reprennent les éléments principaux de l’intrigue. C’est du très chouette travail ! Pour ce qui est de la qualité du texte, elle est incroyable. Le style d’écriture est super chouette, la relecture n’a laissé passer aucune faute et la couverture est très, très belle. C’est de l’auto-édition très réussie comme on l’aime.

Vous l’aurez compris, ce texte est donc un énorme coup de cœur que je vous invite vraiment à aller découvrir parce que ça vaut complètement le détour !

Un petit extrait ?

Le lendemain, Goethe, son lapin nain, fut retrouvé mort dans sa cage. C’était comme s’il dormait, sauf que son corps était froid. Crise cardiaque, avait dit le vétérinaire. Lucien pleura son animal de compagnie. Jeanne et Léopold consolèrent leur enfant en lui promettant de lui en acheter un autre quand il voudrait. Ils enterrèrent le lapin dans le petit jardin derrière la maison, sous l’amandier. Puis la nuit, alors que Lucien n’arrivait pas à trouver le sommeil, il se rappela son dernier rêve, de la vieille dame qui l’avait réveillé.

Ça pourrait peut-être marcher.

Déterminé, Lucien sortit de sous ses couvertures, mit ses chaussons, enfila sa robe de chambre et, à pas de loup, alla dans le jardin. La lune lui éclaira le chemin jusqu’à l’amandier. Il saisit sa petite pelle dans un coin et commença à creuser la terre meuble. Une drôle d’odeur s’éleva lorsqu’il arriva à la boîte en carton dans laquelle reposait le corps dur et froid de Goethe. Le prenant à son côté, il retira ensuite le couvercle. Goethe sentait mauvais.

S’il se réveille, il faudra que je lui donne un bain.

Lucien posa son doigt sur le lapin et murmura :

— Reviens, ce n’est pas la fin.

Tout à coup, le petit corps de Goethe tressaillit. Ses oreilles remuèrent, puis ses pattes et enfin, il ouvrit ses grands yeux noirs… Sauf que ces derniers étaient devenus aussi rouges que le sang. Lucien en eut des frissons, mais il était également ravi de retrouver son ami à poil brin. Il approcha la main pour le caresser entre ses deux oreilles. Malheureusement, il n’eut pas le temps de poser ses doigts sur la petite tête du lapin que celui-ci se mit à courir vers le fond du jardin à toute vitesse.

— Non ! Reviens, lança Lucien entre ses dents.

Mais l’animal avait disparu au milieu des épais lauriers roses. Plus un bruit. Lucien scruta l’obscurité. Il ne retrouverait pas Goethe dans cette poix. Il fallait attendre demain et ne pas en parler aux parents : c’étaient des adultes, ils ne comprendraient pas. Pour eux, quand on est mort, on ne revient pas. Lucien remit la boîte en carton désormais vide dans son trou et le reboucha. Puis il retourna dans son lit et s’endormit.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui 😀 À bientôt pour de nouveaux articles !

2 commentaires sur “[Auto-édition] Contes de zombies – Anthony Lamacchia et illustré par Andréa Kerlhau

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