[Beta Publisher] L’heure de la Baïne – Florie Darcieux

L’HEURE DE LA BAÏNE
Florie Darcieux

Bonjour, bonjour ! Première chronique des grandes vacances avec un texte qui s’adapte plutôt bien à la saison ! J’avais hâte de le commencer, il traîne dans ma PAL depuis un petit moment. Vous vous souvenez de Le millième pin de Florie Darcieux ? On repart dans les Landes une nouvelle fois pour une toute autre aventure tout aussi intéressante 😀

Des vacances dans les Landes …?

En 2037, la liberté de circulation n’existe plus. La France est maintenant divisée en communautés où l’on naît, on vit et on meurt. Depuis quelques temps, cependant, des rumeurs traversent la communauté de Maël et Chris, deux adolescents : l’usine qui fait vivre leur petit patelin serait sur le point de fermer. Le problème, c’est que personne n’est sûr de ce qui va se passer ensuite. Relocalisation ou abandon ? Les murmures vont bon train.

Le quotidien de Maël et Chris est bouleversé par l’arrivée d’une nouvelle fille dans leur communauté : Satya. Arrivée grâce à un pass qui lui permet de voyager entre plusieurs villes, elle vient remettre sur la table un passé que les deux adolescents pensaient jusque-là révolu et qui concernent leurs frères respectifs.

Tous les deux sportifs de haut-niveau, leur carrière s’est achevée nette avec un accident qui a plongé Lucas, le frère de Chris, dans le coma. Léo, le frère de Maël, a fui lui peu de temps après dans une autre communauté. Le décès soudain de Lucas et les révélations de Satya, qui prétend qu’il a un lien avec la fermeture de l’usine viennent semer le doute : et si l’accident et la mort de Lucas n’était pas due au hasard ? Et si Léo y avait joué un rôle ?

Pour répondre à ces questions, les enfants se lancent dans un grand voyage semé d’embûches qui va leur faire prendre conscience d’une réalité bien plus complexe qu’ils ne le croyaient.

L’Heure de la Baïne est disponible depuis le 10 mai 2021 aux éditions Beta Publisher ! Vous pouvez retrouver le roman sur le site web de la maison d’édition au format papier et numérique.

Une fratrie à gros problèmes

C’est un roman très original et novateur que nous propose une nouvelle fois Florie Darcieux. Nous gardons à peu près le même mélange que la fois passée, avec des notes de thriller et du Young Adult, cette fois-ci sur fond plus ou moins dystopique. Je ne suis même pas certaine qu’on puisse vraiment classer ce roman en dystopie, puisque la société n’est pas vraiment en train de s’effondrer : elle est terriblement inerte, figée et nos personnages ressentent le besoin de faire changer les choses.

Nous nous trouvons donc dans un univers très particulier qui prend place dans un futur proche. La France a été divisée en communautés, souvent regroupées autour d’un secteur en particulier : l’agriculture, le travail en usine, la sécurité pour celles que l’on croise dans le récit. Il n’est pas autorisé de voyager entre ses communautés, sauf autorisation d’une organisation appelée le bureau des régulations et sous certaines conditions : pour le travail ou avec un pass spécial, offert le plus souvent en cas de tragédie, comme c’est le cas pour Satya, qui a perdu ses parents. L’idée est vraiment excellente et très originale. Sans que cette partie ne soit constamment mise en avant, elle rythme le récit par de petits événements en arrière-plan, qui montrent sans forcer comment se passe le quotidien désormais : une société figée qui ne se renouvelle plus vraiment et avec plein de secrets enfuis.

Notre intrigue se passe dans les Landes, petit clin d’œil au roman précédent, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on va beaucoup voyager avec les personnages, qui se déplacent sur les routes pendant une bonne partie du roman. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui se dégage du texte, à la fois pesante à cause du côté dystopique et en même temps assez légère avec les côtés Young Adult. Les personnages sont rafraîchissants et originaux, et on s’éloigne un peu des considérations abordées par le Young Adult, tout en gardant quelques points centraux importants : la famille et l’amitié, qui sont les deux moteurs principaux du texte.

À cela vient se mêler le thriller avec cette histoire d’accident qui se transforme peu à peu en meurtre. L’intrigue est centrée autour de la recherche de la vérité. Si vous vous attendez à un roman avec beaucoup d’action, ce n’est pas le cas. La majorité des événements se règlent par la discussion et le contact humain, assez ironique quand le contact humain est justement remis en question par la séparation en communauté. J’ai trouvé le parallèle très chouette et très bien trouvé. Ainsi, l’intrigue peut parfois paraître un peu lente, mais c’est en vérité un peu comme un miroir déformé. Il se passe beaucoup de choses, tout le temps, que ce soit au niveau des personnages ou du « décor », qui continue d’évoluer sans vraiment avoir besoin des personnages. L’intrigue est déjà entamée bien avant le récit et continue en dehors de son cadre, les personnages qui y interviennent ne font qu’agir à leur échelle, dans un schéma qui s’avère en réalité titanesque. On le voit d’ailleurs à la fin.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Ils sont jeunes, plein d’inexpérience et font plein de bêtises, mais en même temps, on sent que ce sont des adultes en formation qui ont déjà des opinions tranchées et une vision du monde à eux. La question des générations est très importante, avec des histoires qui se transmettent des aînés aux cadets, et ce tout au long de l’histoire. Parfois ce sont des anecdotes, des choses sans importances, parfois ce sont des gros morceaux qui les hanteront sûrement sur des générations. C’est pour ça que cette intrigue qui continue en dehors des limites du livre est intéressante, elle montre le passage du temps et le passage du combat d’une génération à l’autre. Et du coup j’ai trouvé ça super intéressant. Il y a probablement des restes de mes cours sur le roman scout qui ont trop déteint sur moi aussi, mais ça xD

D’ailleurs, ce ton un peu roman scout, on le retrouve dans la manière de parler des personnages, qui peut paraître très déroutante en premier lieu, parce qu’elle est très originale et inhabituelle, mais qui montre en réalité que les enfants sont très débrouillards et avec une grande égalité et un respect de leurs opinions respectives. J’ai beaucoup apprécié chacun des personnages, qui ont tous quelque chose à apporter à leur échelle. J’ai notamment beaucoup aimé le travail autour des relations entre frères, avec les tensions que les découvertes apportent dans la relation de Maël et de Chris, qui sont meilleurs amis. Satya est aussi très chouette, principalement parce que c’est un personnage très cryptique. On ne sait jamais si elle est sincère ou non, et cela jusqu’à la fin du roman. Je suis très contente que ce côté ait été assumé jusqu’au bout !

Enfin, le style du texte en lui-même est vraiment chouette. L’écriture sort de l’ordinaire et sort clairement du champ des narrations classiques, avec une patte marquée et voulue de l’autrice qui rend le tout à la fois poétique, mais avec des accents de patois de temps à autres qui donnent une vraie identité au texte. Cela peut rendre la lecture difficile parfois, mais c’est un vrai plaisir pour quiconque est amoureux de la langue, eheh.

En bref, c’est une super découverte qui plaira sans doute davantage à un public adulte que Young Adult, avec des enjeux forts et des valeurs importantes transmises tout au long de l’intrigue. J’ai beaucoup aimé ce petit voyage dans les Landes et je recommande chaudement ce livre si vous cherchez une lecture pour l’été, c’est pile dans le thème !

Un petit extrait ?

— J’en sais rien, Chris, et je ne suis pas en train de suggérer que la mort de ton frère n’est pas naturelle, mais…

— Moi, je le fais, l’interrompt Manfred. Moi je dis que ce n’est pas une mort naturelle. Alors, petite, qu’est-ce que tu as à nous dire, enfin ?

Dans cette conversation où je refuse de m’immiscer de crainte de manquer de pudeur, c’est pourtant vers moi que Satya se tourne pour enfin en venir aux faits :

— Maël, dès le premier jour, Chris m’a fait remarquer que je ne connaissais pas ton frère, ce qui voulait donc dire que je n’étais pas d’ici. Je ne suis toujours pas intégrée à votre communauté, mais j’ai entendu plus de fois dans ces murs aujourd’hui le prénom de Léo que celui de Lucas.

— Y a rien de surprenant à ce que le nom de mon frère soit prononcé à tout bout de champ. Y a passif, on va dire. Que les gens parlent d’un gamin de dix-sept ans qui a disparu un soir en laissant pour mort son meilleur pote, ça ne m’étonne pas. Ça fait pleurer dans les chaumières et un jour comme aujourd’hui, ça rassure. On ressasse de vieux machins pour se persuader qu’on est vivant, c’est tout.

— Je comprends… Mais les gens que j’ai entendus tout à l’heure, je n’ai pas l’impression qu’ils parlaient de ton frère au passé, comme si…

— Comme si quoi ? Punaise, tu veux pas être plus explicite, non ? la presse Chris, avant que Manfred, à deux doigts de nous décompenser son insuffisance cardiaque, ne la secoue comme un prunier.

Mais c’est moi qui manque de vaciller quand elle se tourne vers moi. Car quand une fille aussi directe prend autant de précautions, nul besoin de douter de la déflagration qui va suivre.

— Comme si ton frère, Maël, était lié à la mort de celui de Chris. De près ou de loin, je n’en sais rien. Mais là-dedans, tout de suite, ça ne parle que de prévenir Léo.

Voilà, voilà, c’est tout pour aujourd’hui 🙂 Je vous souhaite à tous une bonne semaine et vous donne rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles ! Des bisouilles !

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