[Beta Publisher] Les Carmidor – Tome 1 : Trahir & Survivre – Olivia Gometz

LES CARMIDOR – TOME 1 : TRAHIR & SURVIVRE
Olivia Gometz

Bonjour à tous ! Avant de commencer, je tiens à vous souhaiter à tous et à toutes de très belles fêtes de fin d’année. Une nouvelle année touche à sa fin, et vous voir toujours aussi nombreux me fait extrêmement plaisir. En janvier, le blog aura déjà cinq ans, et je suis en train de réfléchir à ce que l’on va faire pour fêter tout ça.

Je ne sais pas si cette chronique est la dernière de l’année, mais c’est assurément la dernière sur un roman long, et bon sang, quel roman ! J’ai hâte de vous le présenter !

Il n’est nulle gloire sans nom

Afin de protéger sa famille d’une guerre contre laquelle il ne peut lutter seul, Bargald Carmidor, patriarche d’une famille puissante et riche de l’île de Corance, se voit contraint de s’allier à des nobles continentaux pour renverser la famille Arvagna, dont l’influence inquiétante menaçait la quiétude de l’archipel… Ou plutôt les intérêts personnels de ces dites-familles. La couronne tombe entre les mains de Rehard Virdemis au prix d’une bataille qui ressemble davantage à une exécution, et Bargald en profite pour sécuriser sa position, tout en s’assurant d’étendre son influence dans la capitale.

Malheureusement, une des descendantes de la famille Arvagna, Dista, a survécu à la tuerie. Chassée de ses terres, elle jure de monter une armée assez puissante pour renverser l’usurpateur et tuer chacun de ses complices. Alors qu’elle désespère de trouver des alliés, un groupe inattendu lui apporte son soutien : les Népéis, des prêtres prophétiques qui annoncent la fin prochaine du règne des Virdemis si elle s’allie à eux. D’abord méfiante, sa foi se retrouve ébranlée lorsqu’une série d’événements se produit : plusieurs de ses ennemis sont assassinés, et d’autres, ils l’assurent, suivront, engloutis par les eaux vengeresses de leur dieu, en lequel ils ne croient pas.

Bargald Carmidor le sent : les choses sont en train de changer et il risque d’y laisser la vie. Mais ses enfants, Aron, Dorio et Giorda sont-ils seulement en mesure de reprendre son nom et de rester unis face aux épreuves à venir ? Ils ne vont pas avoir le choix.

Il n’est nulle gloire sans nom.

Le tome 1 de la série d’Olivia Gometz est disponible depuis le 13 octobre 2021. Vous pouvez vous le procurer au format papier et numérique sur le site de la maison d’édition !

Et pour vous donner encore plus envie, je vous laisse le très chouette booktrailer du roman.

Le Cormoran et le Renard

Ce fut une longue lecture et je pense que je vais avoir un peu de mal à digérer tout ce qui s’est passé dans la dernière partie du texte. J’ai pris pas mal de temps sur cette lecture, mais c’est aussi parce que c’est tellement bien écrit qu’on n’a pas vraiment envie d’aller vite. Prendre son temps, c’est bien aussi, d’autant plus que le texte est très complexe et que le résumer sans spoiler l’intrigue est déjà bien complexe.

Nous nous trouvons donc dans de la fantasy dynastique, ou de mœurs comme l’a appelé l’autrice. Derrière ce nom compliqué se cache en vérité un type de fantasy bien connu qui prend pour approche la politique et les jeux de pouvoir bien avant la magie, les créatures, les combats, bref, ce que l’on retrouve de manière traditionnelle dans l’heroic, l’epic ou même la dark fantasy. Typiquement, c’est le cas du Trône de Fer de G.R.R Martin. C’est donc un choix plutôt original qu’on ne retrouve pas très souvent à cause des réticences des lecteurs vis à vis de lire de la fantasy sans magie.

Dans Les Carmidor, nous suivons plusieurs grandes familles de rois, reines, ducs, duchesses qui tournent toutes autour du pouvoir et qui veulent toutes étendre leur influence pour que le futur leur soit le plus profitable possible. Bien sûr, qui dit atteindre le pouvoir à tout prix, dit que la moralité, ce n’est pas forcément le plus important. La fidélité non plus. Ni la loyauté. Bref, tous les trucs qui finissent en -té. Le texte joue donc avec des tonalités sombres, et peut devenir très violent, très rapidement. Les avertissements en début d’ouvrage sont à prendre en compte.

Nous suivons trois grandes familles principales : les Virdemis, qui viennent de s’emparer de la couronne, les Arvagna, qui ont tous été massacrés à l’exception de Dista, et bien sûr, les Carmidor, qui ont un peu les fesses entre deux chaises. Ils veulent à la fois s’assurer le soutien du nouveau roi, mais en même temps, s’ils peuvent s’en tenir un peu éloigné, c’est bien aussi. C’est d’ailleurs une grande partie de l’intrigue, entre rapprochements et coups bas, je t’aime mais en fait je t’aime pas, je veux bien me marier mais en fait pas avec toi et autres joyeusetés.

Au niveau des personnages, nous nous focalisons beaucoup sur les hommes puissants au début du roman, et petit à petit, ils s’écartent pour laisser la place à des personnages féminins forts et puissants, qui en viennent parfois à les éclipser complètement. Giorda Carmidor reste la plus frappante. Unique héritière légitime de la famille Carmidor, son fort caractère et ses tendances à l’indépendance en font un personnage que l’on cherche à séduire et à faire taire, sans succès. Le personnage de Dista Arvagna est également très chouette, et nous montre une jeune femme qui a tout perdu et qui doit se débrouiller presque toute seule pour reconquérir son royaume. On sent les points de ressemblances entre les deux femmes, et les points de tension, ce qui en fera, j’en suis persuadée, de grandes opposantes dans la suite de la saga.

J’ai beaucoup aimé le travail sur la place des femmes dans le roman. Même si la société présentée est majoritairement patriarcale, on y croise des personnages qui, sans forcer, trouvent une sorte d’indépendance que l’on cherche à étouffer, à plusieurs niveaux. Le droit d’avoir un royaume, le droit de choisir un mari, le droit de prendre des décisions… Les messages derrière le texte seraient vraiment intéressants à étudier plus en profondeur, parce qu’il y en a beaucoup. Elles ont également des discours, des dialogues qui sont ultra-marquants et qui incitent le lecteur à s’attacher à elles très, très vite.

J’ai également beaucoup apprécié le travail sur le reste de la famille Carmidor, avec le père très paternaliste mais juste, le frère aîné qui paraît juste mais avec des milliers de défauts, le frère cadet qui paraît avoir des milliers de défauts mais est plus juste que son aîné et Idissa, bâtarde royale, qui ne cherche qu’à se faire entendre et accepter, mais à qui l’on refuse sans cesse tout du fait de sa position. Beaucoup de personnages qui se ressemblent et s’opposent sur les mêmes points, s’envient parfois, ce qui leur donne beaucoup de présence et d’impact dans l’histoire. On veut qu’ils réussissent tous dans leurs objectifs, mais en même temps, on sait que ça aurait de grosses conséquences sur les autres, ce qui rend l’intrigue extrêmement tendue, tout le temps.

J’ai bien accroché aux Virdemis également, et notamment aux jeux entre Rehard et Giorda, qui se tournent autour et s’attirent, mais à la façon d’aimants. Ils ne peuvent jamais vraiment se toucher. Cela permet de faire intervenir notamment les notions de fatalité et de destinée parfois, avec des histoires dignes des tragédies grecques tellement ça va loin. Il y a aussi de sacrées enflures dans leur famille, mais ça ne fait que rajouter un peu de piquant !

De manière plus générale, j’ai beaucoup aimé l’intrigue et ses nombreux retournements de situation. Même si on évolue dans un milieu noble, et avec donc beaucoup de conflits qui se résolvent par la discussion, cela n’empêche pas plusieurs scènes d’action qui prennent vraiment aux tripes, des scènes d’exécution vraiment effroyables (mention à la scène des cormorans, qui est aussi jubilatoire qu’effrayante), et même des scènes qui dépassent carrément les personnages, comme tout ce qui se passe dans l’arc final et qui laisse un milliard de questions en suspens pour la suite.

Pour les amateurs de fantasy plus classique, oui, il y a des mentions de surnaturel, même si elles restent pour l’instant discrète. Tout est à l’arrière-plan, et quand ça explose, vous comprendrez pourquoi certains éléments étaient importants. Je me demande comment cette partie va évoluer par la suite. Elle va clairement prendre de l’importance, mais jusqu’à quel point ? C’est la grande question.

J’aimerais enfin saluer la qualité du style littéraire de l’autrice, à la fois tranchant, poétique et très humain et engagé dans certains de ses traitements, c’était vraiment très chouette et il y a clairement des phrases qui résonnent encore, ce qui est assez rare !

Vous l’aurez deviné, c’est un gros coup de cœur. Je ne peux que vous recommander d’aller le découvrir par vous-même, parce qu’il y a tellement de choses que je ne peux pas vous dire, mais qui m’ont fait HURLER, et que c’est vraiment texte qu’il faut lire sans savoir dans quoi on s’embarque pour vraiment l’apprécier. J’ai beaucoup aimé cette lecture et serait bien évidemment au rendez-vous pour la suite !

Un petit extrait ?

— Pitié, Sire, pitié ! sanglota Agabeld, des larmes traçant des sillons clairs sur ses joues sales.

Rehard affronta la scène sans ciller. Giorda le fixait, hésitant entre l’effarement et l’admiration pour ce monarque prêt à tous les sacrifices pour son royaume. Alors que le bourreau passait la corde autour du cou d’Agabeld, toutes les dames de la cour se retournèrent. Constatant que Giorda n’en faisait rien, Bargald lui souffla :

— Tu n’es pas obligée de regarder cela.
— Je ne détourne jamais les yeux. Je suis une Carmidor.

Un sourire triste étira les lèvres de son père. Il ne savait dire si l’entêtement de sa fille tenait plus de la fierté ou du courage.

Au fond, cela n’avait aucune importance.

La détermination de la jeune femme lui fit presque oublier le drame qui se jouait devant eux. Un craquement sinistre le lui rappela lorsque le bourreau tira le levier. La trappe s’ouvrit sous les pieds du condamné. Agabeld tomba lourdement. Ses jambes gigotèrent dans tous les sens. Ses yeux exorbités et son visage boursoufflé témoignaient des ultimes souffrances qu’il endurait.

La chute n’ayant pas réussi à lui rompre la nuque, il se débattit de longues minutes durant.

Une mise à mort digne du procès qui l’avait précédé : un simulacre rapidement expédié, un jeu cruel que l’on avait bâclé. Et cependant que le corps du géant était agité de derniers sursauts de vie, Dorio s’indigna :

— Où est la justice dans tout cela ?

Bargald posa une main sur l’épaule de son plus jeune fils.

— Elle est juste devant toi. Elle se balance au bout d’une corde.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui 😀 J’espère que cette chronique vous aura donné envie d’aller explorer ce nouvel univers. Je vous souhaite une nouvelle fois de bonnes fêtes de fin d’année, et à bientôt pour de nouveaux articles !

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