[Inceptio] Les Chroniques oubliées d’Hypérion – Tome 1 : La Fureur des Rapaces – Lina Déranor

LES CHRONIQUES OUBLIÉES D’HYPERION
TOME 1 : LA FUREUR DES RAPACES

Lina Déranor

Bonjour ! On poursuit les chroniques avec encore plus de fantasy, et un très gros roman de plus de 500 pages et qui vaut complètement le détour !

Guerres de pouvoir, guerres de cœur

Dans un monde où la guerre a remplacé les croyances, quatre continents se livrent une bataille impitoyable depuis des années. Leurs habitants, poussés vers le champ de bataille, n’ont d’autre choix que de s’engager par conviction ou par dépit pour servir les puissants à la tête de leur pays.

Hypérion est l’un de ces quatre empires, dirigé d’une main de maître par un empereur tyrannique, qui value l’honneur et le dévouement bien avant la loyauté. Ses meilleurs atouts, ce sont les voltigeurs : des soldats d’élite extrêmement agiles et réputés pour leur discrétion. Récemment diplômée, la jeune prodige Maxine Rochard fait partie des candidates en lice pour les rejoindre, à la condition de suivre avant une formation exigeante pour s’assurer de ses capacités.

Cette formation, elle sera menée par le capitaine Arsène Andrzej, un homme froid et impitoyable qui ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée de cette nouvelle recrue. Si Maxine pense au départ qu’il ne s’agit que d’une réaction liée à son sexe, elle se rend rapidement compte que le malaise est plus profond que ça. La jeune femme et son instructeur sont incapables de s’entendre, peu importe le sujet.

Pourtant, lorsqu’un complot politique vise l’Empire et que leurs destins se retrouvent liés, en devenant partenaires au sein d’une mystérieuse confrérie d’assassins, ils n’ont d’autres choix que de se faire confiance. Mais plus le temps passe, plus Maxine doute : et si le mystérieux capitaine renfermait plus de secrets qu’elle ne le pense ?

Le premier tome des Chroniques oubliées d’Hypérion est disponible depuis le 3 septembre 2021 ! Vous pouvez le retrouver au format papier et numérique sur le site web des éditions Inceptio.

De flammes et de glaçons

Ce roman est une très agréable surprise que je n’avais pas vu venir. J’ai passé un excellent moment de lecture et je ne pensais pas aimer autant l’intrigue, qui est très bien ficelée en profondeur, ce qui nous donne un univers à la fois très riche et très surprenant.

Nous nous trouvons dans un univers aux teintes médiévales / renaissance, mais où la magie n’est presque pas présente (tout du moins dans ce premier tome). L’univers est assez sombre par rapport aux autres titres Inceptio, on se trouve majoritairement dans un monde militaire assez froid et sans pitié, très codifié, où les personnages ne sont pas très libres de leurs mouvements. J’ai beaucoup aimé le fait que les personnages soient là de leur plein gré malgré, et qu’ils découvrent peu à peu que leur monde idéalisé n’est pas vraiment celui qu’ils croyaient. Le trope est ici très bien mené et très progressif.

Nous suivons donc le personnage de Maxine Rochard, une jeune femme très complexe qui évolue dans un milieu majoritairement masculin et en assume parfaitement les conséquences. Elle est forte, elle est douée et très intelligente, tout en restant humble et avec énormément de faiblesses qu’elle doit constamment essayer de combler pour suivre le rythme de ses homologues masculins. J’avais un peu peur qu’elle devienne vite la fille avec tous les pouvoirs, mais on en est très, très loin. Maxine est têtue, mais connait ses limites et se retrouve plusieurs fois à en payer les conséquences lourdes lorsqu’elle cherche à les dépasser.

Ce que j’ai adoré chez le personnage, c’est son rapport au corps. Maxine sait que son sexe en fait un élément faible aux yeux des hommes, en témoigne sa relation avec son instructeur, et elle s’est tellement enfermée dans sa coquille qu’elle a décidé de repousser tout ce qui fait d’elle une femme. Cela passe par un violent rejet de toute forme de relation amoureuse (ce à quoi je peux relater très, très fort), masquer ses attributs physiques ou encore poser des filtres sur ses émotions. Ce masque, on le voit se fissurer petit à petit dans l’histoire, et je trouve que c’est l’énorme force de ce texte. Nous ne sommes pas dans le trope de la femme masculinisée, ni dans celui de la femme qui rate tout en se faisant passer pour un homme qu’elle n’est pas. On est dans un entre deux très vraisemblable, à l’image de l’univers en lui-même qui est bien plus gris que tout blanc ou tout noir.

Un autre exemple de cet entre-deux, c’est le personnage du capitaine Arsène Andrzej, qui oscille lui aussi entre le masque froid qu’exige son rang, et des émotions puissantes qu’il refoule constamment pour masquer ses énormes failles, et qui transparaissent là aussi de plus en plus au fur et à mesure de l’intrigue. Le personnage a aussi d’autres dualités, qui choquent le lecteur d’abord, mais qui sont nuancées ensuite, pour en faire un personnage qui n’est ni tout à fait protagoniste, ni tout à fait antagoniste. C’est un entre deux.

Ce jeu, on le retrouve en vérité dans presque tous les personnages de l’histoire, à des degrés différents. Certains penchent clairement vers le bon côté, d’autres vers le mauvais, mais toujours avec des nuances pour contrebalancer. Certains, à l’instar d’Arsène, ont aussi des dualités sur plusieurs échelles, ce qui donne plusieurs couches de profondeur au récit que j’ai énormément apprécié.

Nous sommes ici dans un registre plutôt Young Adult, même si le roman flirte de temps à autre avec des registres plus adultes et très forts en symbolique, comme l’arc de Magenta qui est incroyable en symboles et en émotions. On retrouve donc forcément la question de la sexualité des personnages en fond, avec plusieurs dynamiques assez originales d’attraits et de rejets qui transparaissent en arrière-fond de l’histoire. Si je devais faire un reproche, c’est sans doute que ce côté-là aurait parfois pu être un peu allégé pour mieux mettre en lumière certains moments de l’intrigue. Pour autant, ça reste très justifié pour les personnages principaux quand on voit la fin de ce premier tome, qui, Inceptio oblige, va vous faire hurler bien comme il se doit.

J’ai beaucoup aimé comment la tension grimpe grâce à l’ironie dramatique tout au long de l’histoire. À peu près à la moitié de l’histoire, on sait comment le texte va se finir, mais on ne sait pas à quel point ça va aller mal. Et vous n’êtes vraiment pas prêts. Ce roman est plein de surprises.

Pour conclure, j’ai passé vraiment un excellent moment de lecture, et c’est même un coup de cœur ! L’univers est très, très chouette, et même si j’ai quelques réserves pour la suite, l’autrice a montré qu’elle maîtrise parfaitement les personnages, l’intrigue et l’univers, et donc je lui fais confiance pour continuer sur cette voie. J’ai très hâte de découvrir la suite bientôt, et je ne peux que vous recommander d’aller y jeter un coup d’œil, ça vaut le coup !

Un petit extrait ?

La charrette de la condamnée venait de faire son entrée sur la place. En culottes noires et chemise blanche, Magenta se tenait droite dans la voiture, les mains liées dans le dos. La tête haute, elle observait les visages qui défilaient devant elle. On lui avait ôté sa veste d’uniforme et certainement ses galons d’aspirant qui allaient avec. Une tension soudaine me vrilla l’estomac, qui se transforma en une volonté de fer. Il fallait absolument la tirer de là !

— Regarde-moi ce tyran empli de satisfaction alors qu’il s’apprête à pendre une innocente, déclara doucement Alex, plein de rancœur.

Je tournai les yeux vers l’estrade : les brandebourgs dorés et argentés des officiers supérieurs se mêlaient aux couleurs chatoyantes des robes de ces dames de la cour. Je scrutai avec dégoût le masque impassible de l’empereur d’Hypérion. Ses yeux cruels étaient rivés sur la condamnée et un petit rictus de satisfaction releva le coin supérieur de sa bouche. Il s’apprêtait à haranguer la foule de son discours fallacieux pour justifier ses actes de dictateur.

À ses côtés se tenait une jeune femme blonde à la coiffure étudiée et à la robe pourpre, notre impératrice. Le jeune prince Bran, récemment sauvé, accompagnait sa mère. Beaucoup d’autres beaux visages aux traits fins se tenaient aux côtés du couple impérial. Parmi ces belles personnes, il devait certainement y avoir la marquise de Villers. Je détournai mon regard de ces richesses pour le reporter sur la populace arborant les couleurs sombres et les traits émaciés de la misère. Pourquoi tous ces gens ne se révoltaient-ils pas ? Certainement parce que l’empereur leur faisait croire qu’il les protégeait d’un danger bien plus grand que lui-même.

Quatre gardes escortaient notre amie depuis la charrette jusqu’à l’échafaud. Elle grimpa l’escalier et se figea quelques instants en haut des marches lorsqu’elle aperçut la corde qui se balançait au gré de la brise. Je sentis Alex se crisper à mes côtés. Je tendis ma main vers la sienne dans un geste de réconfort. Comment pouvait-on en être arrivé là ?

C’est tout pour aujourd’hui ! Je vous souhaite une très bonne semaine et vous donne rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles ! Des bisouilles !

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